Sénégal: Ambassade du Grand-Duché de Luxembourg - La musique tisse des ponts entre le pays et le Grand-Duché

17 Février 2026

L'Ambassade du Grand-Duché de Luxembourg à Dakar a accueilli une conférence de presse Hier, lundi 16 février 2026, pour présenter une résidence artistique réunissant des musiciens luxembourgeois et sénégalais. Une rencontre placée sous le signe de l'humain, de la découverte mutuelle et de la création partagée.

Madame l'Ambassadrice Laure Huberg a ouvert la séance, en rappelant le cadre de cette initiative qui s'inscrit dans la coopération culturelle entre le Grand-Duché de Luxembourg et la République du Sénégal. Elle a souligné que cette dynamique s'intègre dans un partenariat plus large entre les deux pays. "Cette coopération s'inscrit dans un cadre plus large de coopération culturelle entre le Luxembourg et le Sénégal. Le Luxembourg est présent au Sénégal depuis environ 40 ans. Tout a commencé par la coopération-développement, mais de là, la coopération s'est élargie dans beaucoup de domaines, notamment la culture", a-t-elle déclaré.

La diplomate a précisé que l'auteur-compositeur-interprète luxembourgeois Serge Tonnar et le producteur Turnup Tun séjournent actuellement en résidence au Sénégal dans le cadre d'une résidence artistique. Ils collaborent avec les artistes sénégalais MamJ Rassoul, Adee et le groupe de rap Akhlou Brick Paradise. Cette résidence de création et de production leur offre le temps, l'espace et les ressources nécessaires pour travailler ensemble et illustre la vitalité des échanges culturels entre les deux pays.

Madame Huberg a également indiqué que l'ambassade organise chaque année plusieurs manifestations culturelles. "Chaque année, cette ambassade essaie d'avoir au moins 5 ou 6 événements culturels. Nous soutenons toujours le festival de jazz, et cette année, des artistes luxembourgeois viendront jouer à Saint-Louis. Nous aurons bientôt une réalisatrice luxembourgeoise au festival Film Femmes à Dakar, et j'espère avoir un artiste pour la Biennale dont le début a été annoncé pour le 19 novembre", a-t-elle ajouté, en mettant en exergue le rôle fédérateur de la francophonie dans ces échanges.

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Une rencontre née du hasard... ou du destin

La parole a ensuite été donnée aux artistes, et c'est Serge Tonnar qui a relaté la genèse de ces collaborations, nées de façon totalement fortuite lors d'un séjour au Sénégal.. "En faisant connaissance, par hasard, quand j'étais ici en vacances, par hasard avec mes deux amis musiciens du Sénégal ici, c'est là qu'on a développé des idées ensemble, écrit des chansons ensemble", a-t-il expliqué.

La rencontre avec MamJ Rassoul trouve son origine dans un guide de voyage, le Petit Futé, où son épouse découvre un encart consacré à « un artiste engagé, originaire de Nianing, qui s'engage au-delà de la musique dans des projets sociaux". "Elle a dit : « c'est comme toi' », se souvient Serge. Un contact établi via les réseaux sociaux a conduit à une première rencontre dans le studio de l'artiste sénégalais, où la connexion fut immédiate. Avec Adee, la rencontre a eu lieu sur une plage, guitares en main, autour d'un cahier de textes et de chansons. Là aussi, « le déclic » a opéré.

« La même destination » , une chanson symbole

De ces échanges, est née une chanson emblématique, La même destination, dont le titre traduit à lui seul, l'esprit du projet. "On a réfléchi à ce qui nous unit tous dans la vie. Ce qui nous unit certainement, c'est qu'on a toute la même destination. On peut interpréter ça à plusieurs niveaux", a commenté Serge Tonnar.

Adee, chanteur et compositeur sénégalais, a renchéri : "Ça a été un plaisir de travailler avec Serge Tonnar. On a beaucoup collaboré sur des tubes qui vont venir à l'avenir. Cette collaboration culturelle nous donne l'opportunité de connaître d'autres origines. On espère continuer, amener le Sénégal au Luxembourg et amener le Luxembourg au Sénégal."

MamJ Rassoul a insisté sur la dimension humaine et fédératrice de l'aventure : "Je pense que c'est une passerelle culturelle entre le Sénégal et le Luxembourg. Le pouvoir de la musique peut rapprocher les peuples. Nous, en tant qu'artistes, tout ce qu'on peut faire pour l'humanité, l'amour qu'on a, c'est essayer d'unir les peuples.

" Il a souligné le métissage des langues dans leurs créations : wolof, français, anglais, luxembourgeois. Présent également, Turnup Tun, fils de Serge Tonnar et producteur de musique, a partagé son enthousiasme pour cette première expérience sénégalaise : "Pour moi, c'est une opportunité de gagner de l'expérience, de collecter des impressions d'une culture que je ne connaissais pas. Mon rôle en tant que producteur, c'est de traduire ces impressions dans la musique, de créer ce pont dont on a parlé, de montrer ce que nous apprenons ici au peuple luxembourgeois et vice-versa."

Boubacar Diba, producteur et ingénieur du son sénégalais, a salué la richesse des échanges : "Ce projet-là a vraiment montré toutes les facettes qui existent entre le Luxembourg et le Sénégal. On est à la phase de découverte. On a beaucoup à apprendre du Luxembourg, et Serge a beaucoup à apprendre du Sénégal." Il a également souligné la découverte de l'île de Joal, où des actions de développement menées par le Luxembourg sont déjà présentes, prouvant que "la culture est le meilleur vecteur pour développer les relations".

L'humain au cœur de la création

Interrogés sur ce que cette collaboration transforme dans leur manière de créer et leur perception de l'art, les artistes ont tous mis en avant l'humain. "Quand on s'est connus, c'était naturel. Il est venu chez moi, j'ai ouvert le studio, on a échangé", a raconté MamJ Rassoul. "L'hospitalité sénégalaise, c'est quelque chose de naturel. Et lui aussi, quand je suis allé au Luxembourg, il m'a accueilli chez lui avec sa femme."

Serge Tonnar a conclu : "C'est une grande chance. Si on vient ici en tant que touriste et qu'on reste à l'hôtel, on ne fait pas vraiment connaissance des gens. La grande chance avec mes deux amis, c'est qu'on travaille ensemble, on s'échange, on a le vécu qu'on peut partager. Et on remarque qu'on est tous très proches, même si les réalités sont très différentes."

Turnup Tun a ajouté une note poétique : "Je suis ici depuis une semaine et j'adore le Sénégal. Tout le monde que j'ai rencontré a un bon coeur. J'espère qu'on va créer de la musique qui reflète cette chaleur." Les œuvres issues de cette résidence, dont des clips déjà tournés à Nianing, Saint-Louis et sur l'île de Joal, seront bientôt dévoilées au public. Une belle illustration que la musique, langue universelle, sait tisser des liens par-delà les frontières.

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