Congo-Kinshasa: À Sangé dans le Sud-Kivu, plus de 800 personnes atteintes du choléra prises en charge par MSF

communiqué de presse

Sangé est une ville située au Sud-Kivu, dans l'est de la République Démocratique du Congo, où Médecins Sans Frontières a mené durant huit semaines une intervention d'urgence pour lutter contre une importante épidémie de choléra, la plus grave dans la zone depuis cinq ans.

Durant cette période, plus de 800 personnes malades ont été prises en charge par MSF. Cette importante épidémie est due aux difficultés d'accès à une eau propre à la consommation, accentuées par les affrontements dans la région entre l'armée congolaise alliée aux Wazalendo et l'AFC/M23, groupe armé soutenu par le Rwanda voisin, qui entraînent d'importants déplacements de population.

Le choléra est une infection contagieuse, due à une bactérie présente dans les eaux impropres à la consommation ou stagnantes, qui peut s'avérer mortelle si elle n'est pas traitée. « En plein milieu de la nuit, j'ai eu des douleurs atroces au ventre suivies de vomissements et de diarrhée. Quand j'ai vu que mon état s'aggravait, j'ai alerté les voisins qui m'ont aidé à payer la moto pour m'acheminer ici à l'hôpital » explique Tanishaka, un agriculteur de 48 ans pris en charge par les équipes MSF à Sangé.

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Dans la ville, depuis plusieurs mois, l'eau potable se fait rare : les deux principaux points de captage d'eau ne fonctionnent plus correctement et sont devenus inaccessibles. « En raison de la présence de groupes armés, il était impossible pour la population d'accéder à ces points de captage d'eau dont le système de filtrage est obstrué par le sable et la terre. Les habitants étaient donc privés d'eau potable », explique Mamadu Diallo, Responsable médical MSF de l'équipe d'urgence.

La plupart des habitants n'ont donc pas eu d'autre choix que de boire l'eau impropre de la rivière ou l'eau du canal d'irrigation, comme l'explique Busime, la mère de Gisele, trois ans, malade du choléra et soignée à l'hôpital général de Sangé. « C'est une eau sale, qui n'est pas traitée, mais par manque d'eau, nous la consommons car nous n'avons pas d'autre solution. Ma fille s'est rapidement déshydratée, elle restait couchée et n'arrivait même plus à se relever après être allée aux toilettes à répétition » détaille-t-elle.

Pour répondre à l'épidémie, MSF appuie le centre de traitement de choléra de l'hôpital général de Sangé et le Centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Au total, ce sont plus de 50 points de chloration de l'eau qui ont été mis en place dans la zone de santé de Ruzizi.

MSF collabore avec la communauté pour l'appuyer dans le nettoyage des points de captage de l'eau. A terme, l'eau sera à nouveau filtrée et chlorée. « Le libre accès aux points de captage de l'eau potable est le problème majeur dans la zone, c'est ce qu'il faut solutionner en priorité » explique Edwige Bagula, coordinatrice médicale MSF.

Avec plus de 800 personnes prises en charge, il s'agit de l'épidémie de choléra la plus importante depuis 5 ans dans la zone de santé de Ruzizi. Elle a été aggravée par les mouvements constants de populations qui fuient les affrontements réguliers entre l'armée congolaise (FARDC), leurs alliés Wazalendo et le groupe armé AFC/M23. Dans l'hôpital de Sangé, Nakitula, une agricultrice de 25 ans atteinte du choléra, détaille son parcours : « J'avais fui Sangé vers la localité de Kahungwe, dans la zone de santé de Lemera. Mais, comme je n'avais pas de champ à cultiver ni de moyen de subsistance là-bas, je suis rentrée, les conditions de vie devenaient de plus en plus difficiles. Pour survivre actuellement et manger, je fais des travaux au jour le jour. » Ces déplacements favorisent la propagation du choléra, car les personnes sont contraintes de vivre dans des conditions de proximité, parfois d'insalubrité, dans des familles d'accueil, et sans accès à l'eau potable.

Après 8 semaines d'intervention de l'équipe d'urgence de MSF, le nombre de cas de choléra a baissé de 90 % et l'épidémie est sous contrôle.

« Les mouvements constants de population causés par le conflit amènent dans la zone des personnes qui n'ont jamais été sensibilisées aux gestes de prévention du choléra » souligne Elisé Wilondja, superviseur en promotion de la santé pour MSF. Pour anticiper au maximum toute reprise de la maladie dans la zone, où le choléra est une maladie endémique, MSF sensibilise les relais communautaires à pourvoir repérer les signes de la maladie rapidement, mais aussi à l'application et à la diffusion des mesures d'hygiène de prévention.

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