Afrique: Le continent n'attend plus, elle est déjà en pleine transformation, affirme le chef de la CEA

Addis-Abeba — L'Afrique n'est plus un continent en attente de changement : sa transformation est déjà en marche, a déclaré Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA).

S'exprimant lors du 9e Forum des entreprises africaines sur le thème « Financer l'avenir de l'Afrique : emplois et innovation pour une transformation durable », Gatete a souligné que malgré un contexte mondial incertain -- croissance mondiale ralentie, vulnérabilité accrue à la dette, perturbations des chaînes d'approvisionnement et chocs climatiques -- le continent connaît des changements structurels significatifs.

Il a rappelé que l'Afrique dispose de la population active la plus jeune du monde et que l'urbanisation rapide, l'adoption du numérique et l'essor des marchés de consommation positionnent le continent comme un futur pôle de croissance.

Parmi les avancées majeures, il a cité la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le développement rapide des plateformes numériques et la montée en puissance des startups sur l'ensemble du continent.

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Des exemples concrets illustrent cette dynamique : une entreprise ivoirienne dirigée par des jeunes transforme 36 tonnes de cacao par an tout en créant des emplois, tandis qu'au Maroc, une chaîne de valeur automatisée a généré plus de 220 000 emplois.

En Éthiopie, l'écosystème des paiements numériques a mobilisé un vaste réseau d'agents et de commerçants.

Malgré ces progrès, Gatete a reconnu que le rythme de la transformation reste inférieur au potentiel du continent, notamment en raison d'un déficit de financement des infrastructures et de pertes liées à la fraude financière.

Il a toutefois souligné que l'Afrique possède plus de 1 100 milliards de dollars de capitaux institutionnels nationaux mobilisables.

Lors du forum, Fatima Farouk Elsheikh, secrétaire générale de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a insisté sur l'urgence de solutions de financement innovantes et sur l'importance des partenariats multilatéraux pour transformer les capitaux en projets créateurs d'emplois.

Parallèlement, Samaila Zubairu, PDG de l'Africa Finance Corporation (AFC), a mis en avant le rôle stratégique des ressources minières et de l'industrialisation pour accélérer l'urbanisation, la création d'emplois et l'innovation, tout en appelant à dépasser les modèles extractifs actuels.

Selon lui, l'Afrique dispose désormais de toutes les conditions pour bâtir une croissance durable et inclusive, à condition de traduire le potentiel en actions concrètes.

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