Ile Maurice: Un enseignant qualifié de «prédateur» licencié après signalement

17 Février 2026

Un enseignant a été suspendu puis licencié après des accusations de relations inappropriées formulées par une ancienne élève, qui retrace des faits remontant à 2015. Mineure au moment des premiers incidents, elle affirme disposer de preuves écrites, visuelles et circonstancielles qu'elle est prête à transmettre dans le cadre de l'enquête.

Selon la plaignante, son premier rapport sexuel avec l'enseignant aurait eu lieu en novembre 2015, alors qu'elle avait 15 ans. Entre 2015 et 2020, elle décrit «de multiples rapports sexuels, des échanges de messages, des rendez-vous réguliers et des cadeaux».

Ces révélations ont provoqué une vive émotion au sein de la communauté scolaire et sur les réseaux sociaux, où une vidéo générée par intelligence artificielle retrace la chronologie de l'affaire. Publiée le vendredi 13 à 13h13, la vidéo mentionne trois institutions ayant suspendu le professeur et le qualifie de «prédateur». Elle aurait été déclenchée par la diffusion antérieure d'un spectacle de l'école, avant d'être retirée.

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Mgr Michaël Durhône, évêque de Port-Louis, a réagi lors d'une conférence de presse au diocèse, hier, soulignant l'importance de la protection des enfants : «Il faut écouter les présumées victimes. C'est une tristesse immense pour leur famille et pour l'enfant qui a vécu cela. Nous ne pouvons rester indifférents.»

Il a rappelé que les écoles catholiques, dont les établissements Lorette de Curepipe et Vacoas, disposent d'un protocole strict en cas d'allégations. «Dès que le signalement a été fait, les collèges ont pris leurs responsabilités. L'enseignant concerné a été rencontré et la procédure mise en place. Depuis le 27 janvier, il ne fait plus partie du personnel. Une avocate externe et indépendante a été mandatée pour mener les démarches et s'assurer que la loi soit respectée.»

L'évêque a insisté : «La justice doit suivre son cours. Notre devoir est de protéger les enfants et de garantir que ce type de drame ne se reproduise jamais.»

Secondaire privé : Tensions au Friendship College et réaction syndicale

Dans un autre registre, le personnel du Friendship College (Girls) a adressé une lettre formelle au Premier ministre et à plusieurs autres ministres pour dénoncer ce qu'il qualifie de «pratiques injustes et persistantes» au sein de l'établissement. Les signataires dénoncent des surcharges horaires pour deux enseignantes totalisant plus de 20 ans de service, régulièrement appelées à assurer sept à huit périodes de remplacement par jour, dépassant le quota prévu de 840 minutes.

Le personnel souligne également que l'enseignante la plus ancienne du département de Home Economics n'occupe plus la fonction de Head of Department depuis janvier 2025, en contradiction avec les directives de la Private Secondary Education Authority (PSEA).

Le cas d'une enseignante de Sociologie est également cité. Titulaire d'un Master's Degree depuis 2016 et reconnue apte à enseigner, elle aurait été déclarée redondante et affectée à des remplacements, tandis qu'un nouvel enseignant a été recruté en janvier 2026. La lettre dénonce un climat de démoralisation et demande aux autorités d'examiner ces situations afin de garantir une application impartiale des règles. Contactée, la direction affirme ne pas être au courant de cette lettre et n'a pas souhaité commenter. Une réaction de la PSEA est attendue.

Parallèlement, la Private Secondary Education Authority Staff Union (PSEASU) a réagi à des «allégations malicieuses» circulant dans certains médias et courriers anonymes. Dans un communiqué du 6 février 2026, le syndicat rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de «gratuites et dénuées de tout fondement», et invite les auteurs de ces dénonciations à présenter leurs preuves aux autorités compétentes, comme la police ou la Financial Crimes Commission.

La PSEASU rappelle que la PSEA opère sous l'égide du ministère de l'Éducation et des Ressources humaines et que toute tentative de déstabilisation équivaut à fragiliser un pilier institutionnel chargé de superviser l'éducation. Le syndicat évoque l'existence d'un «agenda sombre et douteux» derrière ces campagnes et conclut par une «sévère mise en garde aux détracteurs», affirmant sa volonté de protéger la réputation de ses membres.

Alors que le secteur de l'éducation demeure particulièrement sensible, ces affaires mettent en lumière la nécessité d'une surveillance stricte et d'une application rigoureuse des protocoles, qu'il s'agisse de protéger les enfants ou de garantir des conditions de travail dignes et équitables pour les enseignants.

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