Dakar — La directrice Afrique du Service européen d'action extérieure, Patricia Llombart Cussac, a décrit, mardi, à Dakar, "un contexte géopolitique de plus en plus complexe", dans lequel certains pays veulent remettre en cause le système multilatéral créé après les deux guerres mondiales, lequel, tout en n'étant pas parfait, est fait de "règles partagées par tous".
"Cette visite se déroule dans un contexte géopolitique de plus en plus complexe, de plus en plus incertain, de plus en plus difficile [...] Un contexte géopolitique dont certains acteurs veulent remettre en cause le système multilatéral de coopération que nous avons créé après les deux guerres mondiales", a analysé Mme Cussac dans une interview donnée à l'APS et au quotidien Le Soleil.
Patricia Llombart Cussac effectue une mission au Sénégal, en compagnie de Stefano Signore, le directeur Afrique chargé des partenariats internationaux à la Commission de l'Union européenne.
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Le système multilatéral mis en place après les deux guerres mondiales, avec la Charte des Nations unies, "a permis à chaque pays, grand ou petit, avec beaucoup de force ou peu de force, d'avoir [...] son mot à dire. Donc, un système basé sur les principes de la Charte des Nations unies : l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'égalité des États. Un système certainement pas parfait, mais un système comprenant des règles partagées par tous et construit sur la base de la coopération", a-t-elle dit.
"C'est un système international que nous, Européens, partageons avec les Africains", a poursuivi Mme Cussac.
Ce système a donné naissance à la relation entre l'Union européenne et l'Afrique, a-t-elle dit, ajoutant : "Nous sommes conscients, en Europe, que nos destins sont liés. Je pense aussi que c'est le cas en Afrique. Nous sommes liés par des valeurs : la paix, la stabilité, la prospérité. Nous sommes liés aussi par notre objectif de promouvoir ce système multilatéral."
La directrice Afrique du Service européen d'action extérieure s'est réjouie du déroulement du sommet organisé à Luanda, en novembre dernier, par l'Union africaine et l'Union européenne.
"Plus de 80 pays y ont pris part, ce qui représente plus de 40 % des votes aux Nations unies. Nous avons parlé de trois grands axes : la paix et la prospérité, la mobilité et l'économie. Concernant l'économie, notre objectif principal est d'attirer le secteur privé européen vers des pays comme le Sénégal. Notre objectif, c'est aussi la création d'emplois", a-t-elle souligné.
"Nous sommes conscients de toute la richesse de l'Afrique en termes d'énergies renouvelables, de démographie, etc. Nous voulons travailler avec elle, au bénéfice des deux parties", a assuré Patricia Llombart Cussac, ajoutant : "Nous sommes dans une démarche d'accroissement de notre partenariat [...] Un partenariat [...] mutuellement bénéfique."
Elle a relevé la "régression démocratique" qui sévit dans plusieurs régions du monde. "Nous observons tous une certaine régression démocratique. Le nombre de pays démocratiques s'est réduit, celui des pays ayant des processus électoraux transparents et libres s'est réduit également [...] Nous ne sommes pas dans les meilleurs moments démocratiques de la planète. Cela nous préoccupe."
"C'est pour ça que nous travaillons de plus en plus aussi avec des pays comme le Sénégal", a-t-elle dit, saluant le "fort attachement" du Sénégal "aux principes démocratiques".