Congo-Kinshasa: Au procès du général Philémon Yav Irung, l'accusation et la défense s'affrontent sur la preuve clé

C'est un procès sensible qui s'est poursuivi, mardi 17 février, en République démocratique du Congo (RDC) devant la Haute cour militaire, celui du général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3e zone de défense dans l'est du pays. L'officier est poursuivi pour une présumée collaboration avec l'armée rwandaise. Mais l'élément central de l'accusation - un message téléphonique censé attester de la trahison ou la collaboration - reste introuvable. Pour tenter de lever les doutes, la Haute cour militaire envisage désormais de solliciter l'expertise du Conseil national de cyberdéfense afin d'accéder au contenu du téléphone du prévenu.

Lors de la 4e audience ce mardi à Kinshasa, la Haute cour militaire a fait comparaître le lieutenant-général Fall Sikabwe, ancien commandant de la force terrestre des FARDC. À la barre, ce haut gradé décrit le général Philémon Yav Irung comme une véritable bête noire de l'armée rwandaise depuis plusieurs décennies. Il ne saurait donc en être le complice. Un témoignage battu en brèche par l'auditeur général des FARDC. Pour l'accusation, cette image d'ennemi juré relèverait plutôt d'un stratagème destiné à couvrir l'accusé.

La Haute cour a lu un courrier de l'Agence nationale de renseignements. Le document reconnaît l'incapacité des services à entrer dans les téléphones du général Yav Irung et donc à vérifier l'existence d'un message supposément envoyé par un proche collaborateur du chef militaire rwandais James Kabarebe.

Face à cette impasse technique, la Haute cour suggère de confier les appareils au Conseil national de cyberdéfense. Une option rejetée par la défense. Elle juge « incompréhensible » que les téléphones du prévenu soient saisis depuis plus de trois ans et que le procès ait commencé sans que le point central de l'accusation ait été récupéré.

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Pour la défense, saisir la cyberdéfense aujourd'hui alors que les débats sur la question ont été rendus publics porte un risque « que le rapport qui sortira de cette institution soit tronqué ».

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