Cameroun: Dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo, des agents du contre-espionnage entendus

Le procès Martinez Zogo s'est poursuivi mardi 17 février au tribunal militaire de Yaoundé. Des agents de la direction des opérations de la DGRE, mis en cause dans l'affaire de l'assassinat de l'animateur Martinez Zogo en janvier 2023, ont été entendus. Après Mohamadou Amadou, chef du groupement d'action logistique et Marcel Nyambi Penda, commandant du groupement tactique d'intervention, c'est Charlotte Angwe Mbah, commandant du groupement de recherche opérationnelle, qui s'est présentée devant le tribunal.

À la barre à Yaoundé, Charlotte Mbah Angwe affirme que ce n'est qu'au moment de l'enquête qu'elle a découvert l'implication de trois agents de son service dans l'affaire Martinez Zogo. Elle ajoute que l'existence d'un groupe WhatsApp réunissant les membres de l'opération contre l'animateur ne respecte pas les usages habituels de son service.

Pour les avocats des ayants droit de Martinez Zogo, cet exemple illustre un mauvais fonctionnement au sein de la DGRE (le service de contre-espionnage camerounais). « Au sein de la DGRE, il n'y avait aucun fonctionnement structurel. Chacun pouvait utiliser le service de la DGRS pour des besoins privés. Voilà ce que ces deux jours nous ont apporté comme leçon concernant l'opération qui a mené à l'interpellation et l'enlèvement, et l'assassinat de Martinez Zogo », explique Me Calvin Job, avocat de la famille de Martinez Zogo.

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Une prochaine audience le 9 mars

Des problèmes structurels, estime de son côté Me Claude Assira, avocat de l'État du Cameroun dans cette affaire, pour qui les dernières auditions des responsables de la DGRE permettent aussi de dissiper l'hypothèse d'un crime d'État. « Il s'avère, de façon presque incontestable désormais, que c'est un petit groupe de personnes qui ont utilisé les moyens qu'ils pouvaient avoir au sein de la DGRE pour essayer de faire taire un journaliste qui devait un tout petit peu les déranger », assure l'avocat.

La prochaine audience aura lieu le 9 mars. En attendant, la demande de libération de Jean-Pierre Amougou Belinga, l'un des principaux accusés de cette affaire, sera examinée jeudi prochain à la Cour d'appel de Yaoundé.

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