Le Sénégal déroule sa stratégie de renforcement du stockage des produits horticoles. Le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a effectué, ce mardi 17 février à Thiès, la pose de la première pierre d'infrastructures de stockage pouvant contenir 250.000 tonnes de produits horticoles.
Le ministre de l'Industrie et du Commerce a procédé, hier, mardi 17 février, à la pose de la première pierre d'un réseau de stockage frigorifique et sous atmosphère contrôlée dans le cadre du projet Agricool. La chaîne est conçue pour préserver 250.000 tonnes de productions horticoles, dont 200.000 tonnes d'oignon et 50.000 tonnes de pomme de terre. Pour Serigne Guèye Diop, ce n'est pas simplement un projet d'infrastructure, mais un engagement fort en faveur de notre souveraineté alimentaire.
À l'en croire, c'est un vecteur de progrès, d'innovation et de modernisation pour notre secteur agricole et agroalimentaire. « L'agriculture, comme un arbre fruitier, a besoin de soins, de soutien et d'une terre fertile pour prospérer. Chaque pierre que nous posons, aujourd'hui, symbolise notre détermination à garantir des revenus stables à nos agriculteurs, à renforcer notre indépendance alimentaire et à bâtir un système agricole résilient et performant », a-t-il expliqué.
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Pour le ministre, l'agriculture constitue un terreau d'opportunités pour le secteur privé. Ainsi, il considère que le développement d'infrastructures modernes de stockage et de conservation n'est pas seulement une nécessité matérielle, mais un levier stratégique pour faciliter l'accès au financement, sécuriser les investissements et renforcer la confiance des partenaires économiques. « Imaginez un Sénégal où chaque bulbe d'oignon, chaque tubercule de pomme de terre est conservé dans des conditions optimales.
Un Sénégal où les pertes post-récolte ne sont plus une fatalité, mais un souvenir du passé », a souligné M. Diop. À son avis, grâce à ce projet, il s'agira désormais de disposer de ressources optimisées, de marchés organisés et régulés, d'un écosystème dynamique propice au développement de nos chaînes de valeur agricoles.
2.500 tonnes supplémentaires d'ici à 2027
« Avec la première phase qui débute dans la commune de Keur Moussa, plus précisément dans le village de Ngomène, nous amorçons un cycle vertueux de croissance économique. Les 250.000 tonnes de capacité de stockage que nous allons construire ici ne sont que le début d'un déploiement national ambitieux », a-t-il ajouté.
Dans cette dynamique d'expansion territoriale, le ministre a informé que ce projet est le premier d'une série d'infrastructures réparties sur l'ensemble du territoire. Poursuivant, il a appelé à une meilleure planification de la production. En marge de la cérémonie, le ministre Serigne Guèye Diop a annoncé la mise en place d'une capacité supplémentaire de 2.500 tonnes à l'horizon 2027. Cette infrastructure, dit-il, viendra renforcer notre dispositif national de conservation et consolider la compétitivité de nos filières horticoles.
« Par ailleurs, nous engageons la modernisation du marché de Noto grâce à la Coopération japonaise, pour un investissement de quatre milliards de FCfa », a-t-il avancé, soulignant que « ce projet structurant contribuera à améliorer les conditions de commercialisation, réduire les pertes et offrir aux producteurs comme aux commerçants un cadre moderne, organisé et conforme aux standards internationaux ».
Le ministre a précisé que ces initiatives traduisent une vision cohérente : structurer l'ensemble de la chaîne de valeur --de la production à la mise en marché-- afin de garantir davantage d'efficacité, de transparence et de revenus pour les acteurs.
Pour son collègue en charge de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Mabouba Diagne, ce projet témoigne de l'intérêt accordé à la problématique de la souveraineté alimentaire, le principal défi du moment, à travers l'installation d'infrastructures de stockage tant attendues au Sénégal. « Si nos deux secteurs (agriculture et industrie) assurent plus de 80 % de l'emploi national, nous continuons de perdre plus du tiers de nos récoltes pour plusieurs raisons, dont l'absence d'infrastructures de conservation des produits agricoles fraichement sortis des fermes, notamment les produits horticoles », a indiqué M. Diagne.