Dans l'optique d'atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), le Sénégal réalise des progrès jugés remarquables dans la fourniture d'eau potable. Avec un taux de couverture de 98,2 % en 2023, selon l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), le pays n'est pas loin de l'accès universel à cette ressource vitale.
Le Sénégal affiche des progrès remarquables dans l'accès à l'eau potable avec un taux national passant de 92,6 % en 2015 à 98,2 % en 2023, frôlant ainsi l'accès universel. C'est ce qui ressort du Rapport d'analyse des résultats de l'indice de suivi des Objectifs de développement durable (Odd) au niveau infranational au Sénégal publié par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) en février 2026.
Le document souligne toutefois que cette performance, portée par d'importants investissements dans les infrastructures hydrauliques, masque des défis persistants en matière de qualité et de pérennité du service. Selon l'Ansd, la salinité élevée dans les régions de Diourbel, Kaolack, Kaffrine et Fatick, ainsi que les problèmes de débit à Dakar et à Touba rappellent que l'accès quantitatif ne suffit pas ; la qualité de l'eau reste un enjeu critique pour la santé publique et le développement. En croire le rapport, dans le domaine de l'assainissement, les avancées sont tout aussi significatives, mais partielles.
Le taux d'accès global a grimpé de 49,6 % en 2015 à 77 % en 2023, avec une amélioration spectaculaire en milieu rural (de 36,7 % en 2015 à 64 % en 2023. Cependant, relativise-t-il, ce rattrapage rapide, largement dû aux autoréalisations des ménages et à des approches communautaires comme l'Assainissement total piloté par la communauté (Atpc), pourrait être fragile.
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Pour l'Ansd, la question de la qualité, de la maintenance des infrastructures et de l'assainissement collectif (réseaux de collecte et traitement des eaux usées) constitue le prochain défi à relever pour garantir un impact durable sur la santé et l'environnement. « Ainsi, si le Sénégal a assez réussi la phase de couverture quantitative, la prochaine étape consistera à garantir un service équitable, résilient et de qualité sur l'ensemble du territoire, en s'attaquant aux disparités régionales et en investissant dans la maintenance et la modernisation des infrastructures existantes », commentent les fournisseurs de données.
La preuve, relève le rapport, en 2023, les progrès en matière d'accès à l'eau et à l'assainissement révèlent une fracture territoriale prononcée, dessinant une carte où les avancées dépendent largement de la localisation géographique. Les pôles de Thiès (76,3 %), Dakar (73,4 %) et Diourbel-Louga (62,1 %) émergent comme les leaders en 2023, car ayant déjà dépassé les 60 % des objectifs fixés pour 2030. Leur performance s'explique, si l'on se fie au rapport, par leur statut de zones prioritaires bénéficiant d'investissements concentrés dans les infrastructures et d'une densité de population justifiant des projets d'envergure.
« Le pôle Nord (50,7 %) se situe, en 2023, à un tournant symbolisant la moitié du chemin parcouru. Sa position intermédiaire reflète des efforts réels, mais encore insuffisants, dus surtout à un mix de projets structurants et de zones encore enclavées. À l'opposé, les pôles Sud (45 %), Centre (40,9 %), Sud-Est (36,1 %) et Nord-Est (34,5 %) forment, en 2023, une ceinture de vulnérabilité où les retards sont marqués », fait savoir l'Ansd, qui en conclut que leur classement en dessous de la barre des 50 % des objectifs révèle un déficit persistant d'investissement et une marginalisation systémique.