Administrateur civil à la retraite, ancien conseiller du Président Léopold Sédar Senghor et figure chevronnée de l'administration sénégalaise, Alpha Dieng cumule une longue expérience au sommet de l'État, dans la coopération internationale et à la tête d'organisations publiques et privées. Il est, aujourd'hui, président du Conseil d'administration de la Société nouvelle sénégalaise des salins du Sine Saloum (Snss), l'une des plus anciennes industries du pays. Dans cette interview, M. Dieng revient sur le parcours et les perspectives de la Snss, entreprise sénégalaise tournée vers l'exportation.
Quand l'entreprise a été créée en 1914, par sa maison mère, la Compagnie Française des Salins du Midi et des Salines de l'Est, c'est Blaise Diagne, député au Palais-Bourbon, qui était la figure marquante de la vie politique sénégalaise. C'est dire son ancienneté.
Aujourd'hui, elle produit du sel marin à partir de marais salants et en titre du sel en vrac lavé, séché qu'elle présente sous formes de sels en vrac, criblé ou raffiné. Le produit est vendu à 20% sur le marché national et à 80% à l'exportation, vers une dizaine de pays africains.
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Retraçant les grandes dates de l'entreprise, M. Alpha Dieng indique qu'elle est devenue M. Alpha Dieng indique qu'elle est devenue une société d'économie mixte en 1974, avec 49% du capital social appartenant à l'État. Dans la vague de privatisation menée par le Président Abdou Diouf, en 1990, l'État a cédé ses parts à des actionnaires sénégalais. Elle est donc une société sénégalaise dont le siège social est sis à Kaolack.
«Elle emploie 500 agents, dont seulement deux Français », précise notre interlocuteur. « Aujourd'hui, la Snss constitue la société la plus importante de la région de Kaolack. Elle cherche à étendre ses activités en ambitionnant de mieux servir les marchés national et africain. C'est pourquoi elle a en trepris de coopérer avec les artisans de la région en les aidant à améliorer leurs tech- niques, tout en développant des affaires avec eux. Elle cherche également à acquérir, pour elle-même, de nouvelles aires d'ex- ploitation afin de continuer son expansion », souligne-t-il, en réponse à une question sur les liens de la Snss avec les exploitants artisanaux et son positionnement.
«Le gouvernement est inscrit dans la dynamique de Pôles régionaux. Son président du Conseil d'administration indique que La Snss adhère parfaitement à la vision Sénégal 2050 de nos nouveaux dirigeants. À cet égard, elle nourrit l'ambition de faire du sel l'or blanc du Saloum, du Sénégal et de l'Afrique ». Toutefois, il déclare que «le gouvernement du Sénégal doit aider, d'urgence, au réaménagement du fleuve le Saloum, à la réhabilitation du port de Kaolack et à l'affectation de 1.000 hectares de terrain à la Snss ».
La particularité de la société est qu'elle est résolument tournée vers l'exportation. « 80% de sa production sont destinées à la vente sur les marchés du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Burkina, de la Sierra Leone, de la Guinée, du Bénin, jusqu'au Gabon, faisant de la société une actrice importante d'échanges commerciaux intégrés interafricains» , précise le Pca.
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Selon lui, « le gouvernement du Sénégal pourrait assister la Snss à exporter davantage, non seulement en l'aidant à améliorer sa compétitivité grâce à l'amoindrissement de ses coûts de transport du fait de l'amélioration de la navigabilité sur le fleuve Sa- loum, mais encore en amenant les pays destinataires du sel à respecter les règles régissant leurs échanges commerciaux, avec le Sénégal, notamment au sein de la Cedeao et dans la coopération bilatérale nous liant à certains pays d'Afrique Centrale ».
Il estime que « La Snss, comme le gouvernement, y gagnerait beaucoup : l'une pour l'accroissement de ses recettes d'exportation, l'autre par l'accroissement des recettes fiscales à tirer de ces recettes, sans oublier la création d'emplois supplémentaires qui en découlerait».