À midi, ce mercredi 18 février, un calme particulier enveloppait l'église Immaculée-Conception, à Port-Louis. Fidèles de tous âges, employés en pause, retraités et familles se sont rassemblés pour la messe du mercredi des Cendres, ouvrant le temps du carême.
Dans une atmosphère recueillie, le prêtre a accompli le geste central de la célébration : tracer une croix de cendres sur le front de chacun, signe d'humilité et d'appel à la conversion. Ces cendres, a-t-il rappelé, proviennent des rameaux bénis lors du dimanche des Rameaux de l'année dernière, conservés puis brûlés pour marquer ce premier jour de pénitence.
Un calme particulier enveloppait l'église Immaculée-Conception.
Dans les rangs, Florise Mamarot prie avec ferveur. Son attachement à ce lieu est intime. «Aujourd'hui, je suis venue à la messe. J'ai été baptisée ici ; je me suis mariée ici», confie-t-elle, évoquant un chemin de foi qui traverse les étapes d'une vie. Déjà engagée dans l'effort du carême, elle explique jeûner et venir chercher à l'église une force intérieure.
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Florise Mamarot et sa fille.
Son témoignage prend une dimension émouvante lorsqu'elle parle de sa fille, récemment opérée. «Je viens à l'église pour prier. J'ai prié ici et ma fille a retrouvé la guérison», dit-elle, les yeux brillants, comme pour lier les cendres d'aujourd'hui à l'espérance de demain.
Lindsay Achille.
Plus loin, Lindsay Achille, habitant de Petite-Rivière, se tient discrètement parmi ceux qui servent pendant la messe chaque dimanche. Pour lui, la fidélité est une discipline : «Tou le dimans mo lev 4-er ou 5-er du matin pour vinn legliz parski mo servi premie lames.»
Sa présence régulière est aussi un message, surtout pour les plus jeunes. Il met en garde contre le «fléau» de la drogue, qu'il décrit comme un danger qui détruit des familles. En tant que grand-père, il refuse de voir ses petits-enfants et d'autres enfants influencés. «Tou le zour dimounn aret mwa lor semin demann mwa kot mo sorti. Mo dir zot mo sorti legliz», raconte-t-il, convaincu que l'exemple compte autant que les mots.
Karine Jolicoeur.
Karine Jolicoeur résume, elle, l'esprit du jour avec pudeur. Le premier jour du carême, dit-elle, «représente beaucoup de choses et de sacrifices». Une démarche intérieure, partagée chaque année, mais qui ne se réduit pas à un signe visible. «Le carême, nous le gardons dans notre coeur, pas seulement pour le montrer aux autres.»
À la sortie, les traces de cendres sur les fronts étaient un même langage silencieux : celui d'un peuple qui en plein milieu de semaine s'arrête pour recommencer.