Sénégal: A Diourbel, la flambée des loyers pèse sur les ménages

Diourbel — Se loger est devenu un casse-tête pour de nombreux habitants de la ville de Diourbel (centre), en raison d'une offre qui peine à satisfaire la demande. Les pancartes "maison à louer" se font rares dans la capitale du Baol, et quand elles apparaissent, les prix donnent souvent le tournis.

En cette fin de matinée, devant une maison en chantier au quartier Keur Cheikh, Moussa Ndiaye, fonctionnaire, raconte sa difficulté à trouver un logement adapté à son budget.

"Il y a trois ans, je louais une maison à 60 000 francs CFA. Aujourd'hui, pour le même standing, on me parle de 100 000, voire 120 000 francs. Mon salaire, lui, n'a pas suivi", dit-il, l'air dépité.

Il déplore le non-respect de la réglementation du secteur malgré les annonces faites par les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays.

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Comme Moussa Ndiaye, beaucoup de clients dénoncent la spéculation autour des loyers.

Aïssatou Fall, mère de famille, pointe le rôle des intermédiaires. "Les courtiers font monter les enchères. Ils te montrent une maison et disent que plusieurs personnes sont intéressées. Si tu hésites, le prix grimpe. En plus, il faut payer leur commission", explique-t-elle.

Les bailleurs invoquent la hausse des matériaux

Du côté des propriétaires, le discours est tout autre. Devant son immeuble R+1 récemment achevé, un bailleur assume l'augmentation. "Le prix du ciment, du fer et du béton a fortement augmenté. Construire coûte cher, sans compter la main-d'oeuvre. Si on ne revoit pas les loyers, on ne s'en sort pas", soutient-il.

Certains évoquent aussi les frais d'entretien, les factures d'eau et d'électricité des parties communes, ainsi que les réparations régulières.

Plusieurs observateurs locaux lient également cette tension à la présence de nombreuses structures déconcentrées de l'État.

Les agents de services publics affectés à Diourbel, souvent en quête de logement rapide, accepteraient des loyers élevés, ce qui tirerait les prix du marché vers le haut.

La croissance démographique et l'extension de la ville accentuent aussi la demande.

L'appel à une régulation

Face à cette situation, des locataires appellent les autorités à intervenir. Ils réclament une réglementation du secteur immobilier, à travers notamment l'encadrement des loyers et des commissions des courtiers. "Se loger est un besoin essentiel. Il faut protéger les citoyens", plaide Abdoulaye Diouf.

Selon lui, les pouvoirs publics doivent impérativement réagir pour soutenir les pères de famille.

En attendant d'éventuelles mesures, de nombreuses familles continuent de consacrer une part importante de leurs revenus au logement, dans cette ville du centre du Sénégal où se loger devient, pour certains, un luxe.

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