Congo-Kinshasa: Est du pays - La population d'Uvira demande la réouverture de la frontière avec le Burundi

Plusieurs Congolais vivant au Burundi sont en train de traverser, depuis lundi 18 décembre 2023, la frontière de Kavimvira pour participer aux élections à partir la ville d’Uvira. (Illustration)

À Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), les habitants et les commerçants implorent la réouverture de la frontière avec le Burundi. Un mois après le retrait de l'AFC/M23 de la ville, le crépitement des balles a cessé mais la frontière reste toujours fermée. Le ministre burundais des Affaires étrangères rappelle que les conditions de sécurité ne sont pas encore réunies pour une réouverture. Sur le terrain, le gouverneur du Sud-Kivu a été interpellé directement par la population, impatiente et inquiète.

À l'entrée du marché d'Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une vendeuse interpelle le gouverneur du Sud-Kivu. « Ouvrez la frontière », lance-t-elle, devant des étals clairsemés. Depuis la fermeture avec Bujumbura, l'économie locale tourne au ralenti.

Une autre femme s'avance pour implorer le gouverneur. Elle implore le gouverneur : ses proches ont fui à l'arrivée de l'AFC/M23 et restent coincés côté burundais. « Beaucoup d'enfants sont là-bas, même les membres de l'église, tous sont là-bas. Il y a mes enfants et les enfants de mon oncle », rapporte-t-elle.

« Un sentiment d'impuissance face à cette souffrance »

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Le gouverneur Jean-Jacques Purusi écoute et dit sa frustration. Pour lui, il y a « un sentiment d'impuissance face à cette souffrance. Nous voulions que la province, la frontière, soit ouverte le plus rapidement possible. Mais il y a aussi des impératifs sécuritaires liés à la réalité des deux pays. Il faut savoir que l'ennemi n'est pas si loin que ça. Il est ici à Sange, à 30 km, et dans les hauteurs, il est à une quinzaine de kilomètres d'ici. »

Mais sur le terrain, certains n'attendent plus. Raphaël, 19 ans, a fui le site de réfugié de Busuma. « Là-bas, il y a beaucoup de misère. Il y a beaucoup de souffrance. Il y a aussi le manque d'eau. » Il a traversé le lac Tanganyika en pirogue de nuit, au péril de sa vie. « Nous sommes venus à trois, mais mes frères sont restés à Gatumba parce qu'ils ont été attrapés. »

À ses côtés, un homme confie lui aussi sa traversée clandestine, accroché à un simple bidon pour rester à flot. Ils étaient quatorze au départ, deux n'ont jamais atteint la rive.

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