Sénégal: Les divergences sur le croissant lunaire ne sont pas une particularité sénégalaise

Dakar — Les divergences observées autour de l'apparition du croissant lunaire ne reflètent pas une spécificité sénégalaise dans le monde musulman, a affirmé le directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales (ASES), Maram Kairé, indiquant toutefois que les outils scientifiques modernes offrent aujourd'hui des moyens "d'éclairer les pratiques religieuses" sans pour autant se substituer aux instances décisionnelles compétentes.

"Ce n'est pas un cas particulier. On pense que c'est juste le Sénégal qui a cette divergence. Mais beaucoup de pays ont cette divergence", a-t-il dit à l'APS en faisant allusion aux divergences sur le croissant lunaire dans le monde musulman, du fait que les pratiques religieuses sont arrimées au calendrier lunaire.

Plusieurs pays du monde musulman, ainsi qu'une partie de la communauté musulmane au Sénégal, ont annoncé le début du mois de Ramadan pour ce mercredi, tandis que d'autres États ont fixé l'entame du jeûne au jeudi.

Sur le plan strictement scientifique, l'astrophysicien rappelle que les mêmes éphémérides et calculs astronomiques qui permettent de prévoir avec exactitude les éclipses servent également à déterminer la position de la lune.

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Selon le spécialiste "au moment où nous parlons, nous avons la carte et le calendrier des prochaines éclipses pour les 3.000 ans à venir", parlant d'une "précision chirurgicale" des prédictions scientifiques.

M. Kairé renseigne que l'éclipse - "qu'elle soit solaire, lorsque la Lune masque la lumière du Soleil, ou lunaire, lorsque la Lune entre dans l'ombre de la Terre - repose sur des calculs d'une extrême rigueur"

"Cette fiabilité est telle que des milliers de personnes réservent des billets d'avion des années à l'avance pour assister à ces phénomènes En Nouvelle Zélande, aux USA, en Afrique et ailleurs dans le monde. Pourquoi investir autant si l'on n'était pas sûr que cela se produirait comme prévu ?", s'est interrogé le directeur général de l'ASES.

En guise d'illustration, il a évoqué trois missions conduites au Sénégal par la NASA- l'Agence américaine de l'aéronautique et de l'espace-dans le cadre d'occultations stellaires, en levant le voile sur le fait que ces phénomènes, où un astéroïde passe devant une étoile et en masque brièvement la lumière, sont calculés à la seconde près grâce aux lois de la physique.

Il a aussi expliqué que ce sont les mêmes calculs qui permettent de déterminer la position de la lune, rappelant ainsi que la divergence sur le croissant n'est pas une particularité sénégalaise.

Le spécialiste sénégalais qui a donné son nom à un astéroïde a toutefois précisé que la divergence s'explique souvent par des "critères d'appréciation différents" adoptés par les commissions chargées de l'observation.

Il faisait allusion au fait que certaines commissions se fondent exclusivement sur l'observation effectuée sur le territoire national, tandis que d'autres prennent en compte les annonces provenant d'autres pays.

"Si les critères ne sont pas harmonisés, la divergence devient automatique", a-t-il martelé, plaidant pour un dialogue entre commissions afin de clarifier les bases de décision.

Le directeur général de l'Agence sénégalaise d'études spatiales insiste par ailleurs sur le fait que "la science n'a pas vocation à prendre des décisions sur des questions religieuses", mais elle peut constituer un "outil d'aide à la décision permettant d'éviter des erreurs et de vérifier des informations".

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