Secrétaire municipal de la commune de Mbacké, Mouhamed Seck est devenu une figure incontournable à l'hôtel de ville. Il est, presque, le passage obligé pour ceux qui viennent à la mairie pour des besoins. Il joue un rôle clé dans la réalisation des initiatives et des projets de développement de la commune.
La mairie de Mbacké grouille d'activités ce mardi. Les visiteurs se pressent devant le bureau de l'état civil, tandis qu'à l'étage supérieur, une file d'attente se forme devant une porte, où les gens attendent avec une impatience grandissante.
L'assistante chargée de gérer les visites est débordée. Elle répond sans cesse aux demandes des gens, qui souhaitent voir Mouhamed Seck, le secrétaire municipal, visiblement très sollicité. « Est-ce qu'il est là ? » est la question qu'elle entend le plus souvent, preuve de la popularité et de l'importance de Mouhamed Seck aux yeux des visiteurs.
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Pourtant, lorsqu'il a été nommé secrétaire municipal par l'ancien maire Abdou Mbacké Ndao, en 2018, il y avait des doutes chez certains en raison de son âge, et de ses origines saint-louisiennes. Beaucoup se demandaient si ce jeune, originaire de la ville tricentenaire, avait les compétences nécessaires pour occuper ce poste clé, dans la commune de Mbacké.
Le temps a fait son oeuvre, et beaucoup de gens sont conquis. Sept ans après sa nomination, il occupe toujours ce poste, et ce, malgré l'arrivée du nouveau maire Gallo Bâ, élu en 2022. Bien qu'il soit titulaire d'un master en gouvernance locale, sa spécialisation en environnement littoral ne semblait pas le prédestiner, a priori, à ce poste.
Avant de l'occuper, il a travaillé en tant que spécialiste en environnement littoral, notamment dans les îles du Saloum, une région côtière fragile, qui souffre de la dégradation avec l'avancée de la mer.
Mouhamed Seck a participé à plusieurs projets en tant qu'expert en méthode active de recherche participative et en environnementaliste. Il faisait partie d'un groupe qui menait des actions de reboisement pour protéger l'environnement et travaillait sur l'accès à l'eau, un problème crucial dans cette région insulaire.
Militant de la décentralisation
En outre, en tant que spécialiste en décentralisation dans un cabinet, M. Seck a eu à travailler dans des projets. Leur objectif était de trouver des moyens pour aider les collectivités territoriales à développer leurs infrastructures, et à exécuter des projets tels que des lotissements et des centres commerciaux, grâce à des partenariats public-privé.
« Je suis formaté, en quelque sorte, pour travailler dans les collectivités territoriales et la décentralisation, depuis le début de ma carrière, a été mon domaine d'action », avoue-t-il.
Nommé secrétaire municipal de Mbacké le 12 juillet 2018, par Abdou Mbacké Ndao, M. Seck a rapidement évalué la situation de la commune. Cette analyse a mis en évidence des problèmes majeurs, en matière de gestion financière, et de mise en oeuvre des projets.
En tant que bras technique de la mairie, Mouhamed Seck, qui dirige désormais le personnel administratif, a réussi à relever les défis liés à la gestion des dossiers, aux passations de marchés, et à la réalisation des infrastructures, avec la collaboration des agents de l'institution municipale.
Il a ainsi pu résoudre le problème des postes de santé de Darou Salam et de Mame Seynabou Ndiaye qui n'étaient pas fonctionnels faute de logement pour les Infirmiers chefs de poste (Icp). Il a également réglé les problèmes de paiements de marchés en souffrance.
En collaboration avec les acteurs locaux, le Sm a élaboré un Plan triennal d'investissement, qui a permis la réhabilitation du marché central de Mbacké, la construction du centre Assane Ndiaye, et la rénovation de plusieurs écoles primaires.
Une collaboration avec le Pacasen en 2018 a été fructueuse, avoue-t-il, « car cela a permis de mener à terme des projets existants et de lancer de nouvelles initiatives ».
Ressources humaines de qualité
Ce travail n'est pas facile, selon lui, « car comme beaucoup de collectivités territoriales, la commune est confrontée à un problème de ressources humaines de qualité ».
Ce qui fait que M. Seck est obligé de prendre en charge des tâches qui devraient être assumées par les services techniques. « Nous sommes appelés à combler les brèches, c'est pourquoi nous sommes trop sollicités », dit-il, ajoutant qu'il est obligé de faire des heures supplémentaires, et de travailler les week-ends pour être à jour.
En tant que spécialiste de la gouvernance locale, il est constamment sollicité par les populations. Ce qu'il considère comme une partie intégrante de son travail.
« L'objectif de la décentralisation, c'est de rapprocher les gouvernants des gouvernés. Et rapprocher les gouvernants des gouvernés, cela demande un contact direct avec les populations », a-t-il expliqué.
Selon lui, les communautés locales ont le droit d'être reçues par les autorités locales pour exprimer leurs préoccupations et trouver des solutions à leurs problèmes. C'est pourquoi M. Seck a mis en place un mécanisme de gestion des plaintes, pour répondre aux préoccupations des populations.
Il essaie toujours de solutionner leurs problèmes, et « si la situation nécessite une enquête plus approfondie, il envoie une équipe sur le terrain, pour évaluer et établir un rapport avant de prendre les mesures nécessaires pour résoudre le problème.
Mouhamed Seck, 40 ans, marié et père d'un enfant, essaie de joindre les deux bouts avec son salaire de fonctionnaire. Il tient à rectifier l'idée selon laquelle les secrétaires municipaux seraient riches, affirmant que leur rémunération est modeste.
Malgré les défis, M. Seck est déterminé « à contribuer au développement de Mbacké, une commune renommée, mais qui nécessite encore beaucoup d'efforts », souffle-t-il. Avec les autorités locales, il travaille à augmenter les recettes de la mairie, et à réaliser des investissements rentables pour atteindre ses objectifs.