À travers un atelier de concertation, organisé le mardi dernier, institutions publiques et experts ont amorcé l'élaboration d'un cadre national pour la gestion des équipements photovoltaïques en fin de vie. Une initiative qui illustre la coopération technique entre le Sénégal et la Belgique, à travers son agence de coopération internationale ENABEL, pour accompagner la transition énergétique durable.
Face à l'essor rapide de l'énergie solaire au Sénégal, la question de la gestion des équipements en fin de vie devient un enjeu majeur. C'est dans ce contexte qu'un atelier de consultation a réuni les acteurs du secteur afin d'élaborer une feuille de route nationale, avec l'accompagnement de l'Agence belge de coopération internationale (ENABEL).
Selon Pierre-Henri Dimanche, chef du portefeuille climat à ENABEL, l'objectif est d'anticiper une problématique appelée à s'amplifier dans les prochaines années. L'atelier constitue «un premier pas pour travailler sur la feuille de route et mettre en place un cadre de concertation institutionnel», a-t-il expliqué.
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L'initiative vise surtout à structurer un écosystème clair entre les institutions publiques et privées afin de garantir la durabilité des actions. L'agence belge ne se limite pas à la construction d'infrastructures énergétiques, mais intervient dans l'organisation du secteur, en appui notamment au Ministère des Mines et à anticiper le boom du solaire.
Le Directeur général de l'Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), Dr Diouma Kobor, expert en Développement rural et Gouvernance de l'énergie solaire, estime que la réflexion arrive à un moment stratégique. Le Sénégal ambitionne d'atteindre environ 40% d'énergie solaire dans son mix énergétique à l'horizon 2040, ce qui implique mécaniquement une augmentation future des déchets photovoltaïques.
L'enjeu est double : environnemental et économique. «Nous devons réfléchir au traitement de ces déchets mais aussi à leur régénération pour leur donner une seconde vie et créer des emplois verts»,, a-t-il souligné.
Une coopération axée sur la durabilité
Au-delà de l'atelier, la démarche s'inscrit dans une logique de coopération technique structurante. Plutôt que d'intervenir uniquement par des projets ponctuels, la collaboration cherche à bâtir des règles durables : réglementation, responsabilités institutionnelles et mécanismes de recyclage.
L'objectif final est de prévenir un futur problème environnemental tout en transformant la transition énergétique en opportunité économique, notamment à travers une filière nationale de valorisation des déchets solaires.
En plaçant la gouvernance et la concertation au coeur de son action, la coopération avec Enabel marque ainsi une nouvelle étape : passer du développement des énergies renouvelables à leur gestion durable sur l'ensemble du cycle de vie.