Ile Maurice: Catastrophe à Toamasina - Le récit d'une nuit sous la fureur

19 Février 2026

C'était dans la nuit du 10 au 11 février. Une nuit que les habitants de Toamasina ne sont pas près d'oublier. Lorsque le cyclone Gezani a touché terre, la principale ville portuaire de Madagascar s'est retrouvée en quelques heures plongée dans le chaos.

Installée à Toamasina depuis dix ans et mère d'enfants mauriciens, Valérie Cheung Gunganah raconte une nuit où la peur s'est invitée sans prévenir. Tout commence en début de soirée. Vers 18 heures, le vent se lève, d'abord fort, puis de plus en plus violent. Jusqu'aux alentours de 23 heures, les rafales martèlent les habitations. Puis, soudainement, un calme presque irréel s'installe pendant une trentaine de minutes. Un faux répit. «On pensait que le plus dur était passé», laisse-t-elle entendre. Mais le cyclone revient avec une force encore plus terrifiante.

Valérie Cheung Gunganah.

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Dans la résidence en bord de mer où elle vit, qui se compose d'une quarantaine d'appartements et de villas face à la plage, les constructions pourtant pensées pour résister commencent à s'effondrer. Les grandes baies vitrées éclatent sous la pression du vent. Les volets explosent et sont emportés. «Nous sommes allés nous cacher dans une pièce un peu plus sûre. Nous n'étions que trois dans la villa, avec mon fils de deux ans, complètement terrorisé. J'ai vraiment eu peur.»

Comme beaucoup d'habitants, elle avait pourtant pris ses précautions ; réserves de nourriture, maison sécurisée... rien ne laissait présager un cyclone d'une telle intensité. «Ce n'est qu'à la dernière minute que nous avons appris que les vents seraient bien plus puissants que d'habitude. Nous n'étions pas prêts.»

La nuit semble interminable. À l'extérieur, tout se brise. À l'intérieur, on attend, impuissant. Ce n'est qu'à l'aube que Valérie ose sortir. Et ce qu'elle découvre dépasse tout ce qu'elle avait imaginé. Arbres déracinés, murs de clôture effondrés, voitures bloquées, débris partout. Il faudra 48 heures pour parvenir à quitter la cour de la résidence. «Nous avons dû utiliser des haches et des scies pour tronçonner les arbres et dégager le chemin. Tout était ravagé.»

Le choc est d'autant plus grand que, selon elle, même les habitants les plus âgés n'avaient jamais vu un tel désastre. «J'ai des employés qui vivent ici depuis plus de 40 ans et ils n'ont jamais vu ça.» Le bilan humain reste lourd : au moins 35 morts et quelque 250 000 personnes affectées ou déplacées, selon les autorités. Des quartiers entiers ont été privés d'électricité, des routes coupées compliquent l'accès aux soins, à la nourriture et au carburant. Dans certaines zones, des maisons se sont tout simplement effondrées.

«Toamasina est méconnaissable... horrible. L'une des plus belles villes de Madagascar est aujourd'hui un chaos.» Et pourtant, une semaine après la catastrophe, le ciel affichait un calme presque déroutant. Mais derrière cette apparente accalmie, la réalité est toute autre : la reconstruction s'annonce longue. Très longue. Certains responsables estiment déjà qu'il faudra des années pour rebâtir les infrastructures détruites.

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