Ile Maurice: Entre responsabilité pénale et quête de clémence

19 Février 2026

Le dossier lié à la fraude de Rs 80 millions au préjudice de la défunte Bramer Banking Corporation (BBC), remontant à 2011, est entré dans une phase déterminante devant la Financial Crimes Division (FCD) de la cour intermédiaire, présidée par le magistrat Abdool Rahim Tajoodeen. Au coeur des débats : la détermination de la peine à infliger à Chandra Prakashsing Dip et à ses coaccusés Darmendra Mulloo, Sheik Jany et Muhammad Maulaboksh, qui ont tous plaidé coupable en avril 2025 sous les articles 3, 6 et 8 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act 2002 (FIAMLA).

Les charges portent sur des opérations de blanchiment d'argent à travers des transferts vers des sociétés fictives, au détriment de clients offshore de l'institution bancaire. La reconnaissance de culpabilité des prévenus a clos le débat sur la matérialité des faits. Reste désormais à la Cour d'apprécier les circonstances atténuantes et aggravantes. Dans cette optique, Me Selva Murday, avoué, a été appelé à témoigner pour Chandra Dip.

Il a expliqué qu'en 2021, le liquidateur de la BBC avait initié une action civile en Cour suprême afin de recouvrer les sommes détournées. Selon lui, son client s'est acquitté d'un montant de Rs 1 945 000 «in full and final settlement». La plainte aurait ensuite été amendée pour que son nom soit retiré de la liste des défendeurs. Des copies des documents timbrés ont été produites en cour.

Le parquet, représenté par Me Priscilla Veerabudren, a toutefois indiqué ne pas avoir reçu l'ensemble des pièces et s'est réservé le droit de solliciter d'autres documents, dont le Statement of Defence. Depuis le box des accusés, Chandra Dip a exprimé ses regrets, évoquant 14 années de procédure et les répercussions sur sa famille. Il affirme avoir remboursé les sommes réclamées et reconstruit sa vie à travers une petite entreprise employant une trentaine de personnes.

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Il soutient avoir été entraîné dans ce stratagème par Younousse Kotoaroo et se dit prêt à témoigner contre lui dans le procès distinct où ce dernier plaide non coupable. Déjà bénéficiaire d'une grâce présidentielle en décembre 2023, Chandra Dip sollicite aujourd'hui l'indulgence de la cour. La suite des débats est attendue le 24 février prochain.

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