Cameroun: Affaire blanche kandolo - Le pasteur marcello tunasi auditionné 12h à kinshasa

19 Février 2026

Douze heures. C'est la durée de l'audition que le tribunal de Kinshasa a imposée au pasteur Marcello Tunasi dans le cadre de l'affaire Blanche Kandolo. Une durée qui, en elle-même, signale la gravité des questions posées.

Le fondateur de l'église La Compassion n'est pas sorti de cette audition comme un témoin ordinaire. Il en est sorti comme un homme au coeur d'une procédure judiciaire dont les contours se précisent.

Contexte : de quoi s'agit-il exactement ?

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Blanche Kandolo était l'ex-épouse de Marcello Tunasi. Elle est décédée. Mais les circonstances entourant l'établissement de son certificat de décès ont suscité des interrogations formelles de la part de sa famille parents, frères, soeurs et enfants.

Ces interrogations ne sont plus privées. Elles ont été portées devant la justice. Le tribunal de Kinshasa a ouvert une procédure. Et Marcello Tunasi a été convoqué pour y répondre pendant plus de douze heures consécutives.

Un certificat de décès est un document officiel attestant de la mort d'une personne, de sa date et de ses causes. Toute irrégularité dans son établissement peut constituer une infraction pénale grave.

Analyse : pourquoi cette affaire dépasse le simple fait divers

Marcello Tunasi est une figure religieuse de premier plan en République Démocratique du Congo. Son église, La Compassion, dispose d'une audience large, tant à Kinshasa qu'au sein de la diaspora congolaise africaine et internationale.

Quand un pasteur de cette envergure est auditionné douze heures sur des soupçons liés à un document officiel de décès, l'affaire cesse d'être privée. Elle devient un fait public, judiciaire et inévitablement médiatique.

La famille de Blanche Kandolo a pris la décision de saisir formellement la justice. Ce choix est significatif. Il indique que les doutes exprimés ne relèvent pas d'une simple incompréhension, mais de soupçons suffisamment documentés pour justifier une procédure.

Décryptage : ce que l'on sait et ce que l'on ignore encore

À ce stade, la procédure suit son cours. Le tribunal de Kinshasa a entendu Marcello Tunasi. Les questions posées portaient sur les conditions d'établissement du certificat de décès de son ex-épouse.

Ni la défense du pasteur ni le parquet n'ont communiqué publiquement sur le détail des échanges. La durée exceptionnelle de l'audition douze heures laisse supposer un volume d'éléments à charge ou à décharge significatif.

Ce que l'on sait avec certitude : la famille de Blanche Kandolo réclame des éclaircissements. La justice congolaise a accepté de les chercher. Et Marcello Tunasi est désormais au centre d'une procédure qui ne se résoudra pas dans l'espace médiatique.

Enjeux : foi, droit et responsabilité publique

À court terme, l'issue de cette procédure judiciaire déterminera la position légale de Marcello Tunasi. Une mise en examen formelle changerait radicalement la dynamique pour l'homme, pour son église, pour sa communauté.

À long terme, cette affaire pose une question structurelle sur la responsabilité des figures religieuses face à la loi civile en RDC. L'influence spirituelle ne confère aucune immunité judiciaire. Et quand une institution religieuse est impliquée dans une affaire de documents officiels contestés, c'est toute sa crédibilité qui est en jeu.

La procédure judiciaire à Kinshasa est loin d'être close. Elle vient de commencer.

La question que la famille attend de voir résolue

Les conditions exactes d'établissement du certificat de décès de Blanche Kandolo seront-elles établies avec précision par la justice congolaise et les réponses apportées à la famille seront-elles à la hauteur de leurs attentes ?

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