Azara Imoro habite à Zakpalsi, une commune rurale du district de Mion, au Nord du Ghana.
Cette exploitante agricole de 47 ans n'a pas reçu d'éducation formelle. En revanche, elle possède une détermination inébranlable à réussir, en perpétuant les traditions agricoles qui ont permis à sa communauté de subsister génération après génération.
Pendant de nombreuses années, Azara a cultivé une parcelle d'arachide d'à peine 4/5e d'hectare, dont elle tirait un revenu d'environ 1 500 cédis ghanéens par saison. Même en aidant d'autres cultivateurs d'arachides à récolter pour gagner un revenu supplémentaire, en espèces ou en nature, elle dépendait encore fortement du soutien financier de son mari.
Azara Imoro rêvait d'en faire plus. « J'ai toujours voulu cultiver du maïs, mais le coût élevé des engrais et des autres intrants rendait ce projet impossible », se souvient-elle. « Je ne pouvais me permettre de cultiver que de l'arachide avec mes semences issues des récoltes précédentes », poursuit-elle.
Les défis auxquels Azara était confrontée étaient typiques de ceux rencontrés par de nombreux petits exploitants agricoles de la ceinture de la Savane, au Nord du Ghana : précipitations irrégulières rendant les rendements de plus en plus imprévisibles, accès limité aux semences de qualité et un coût prohibitif des intrants, notamment des engrais. Malgré le soutien technique de l'agent de vulgarisation agricole de sa communauté, le manque d'intrants agricoles empêchait Azara de mettre en pratique un grand nombre des bonnes pratiques qu'elle avait apprises. Sa modeste récolte de quatre sacs d'arachide de 100 kilos reflétait à la fois les défis auxquels elle était confrontée et le potentiel inexploité qui existait.
Mais 2023 deviendra un tournant pour Azara Imoro. Cette année-là, le Projet de développement des chaînes de valeur de l'agriculture de savane (SADEP) venait de s'installer dans sa région. Azara en avait entendu parler pour la première fois à la radio et à la télévision. Un collègue agriculteur l'a ensuite mise en contact avec Asimbeya Farms, une entreprise agricole commerciale participant au projet.
« Le rêve devenait réalité », souligne Azara, dans une émotion difficile à dissimuler. « Je pouvais enfin cultiver du maïs ! », sourit-elle.
Asimbeya Farms a aidé Azara Imoro à cultiver 1,6 hectare de maïs, en parallèle à son exploitation d'arachides. Elle a reçu des semences de maïs améliorées, des engrais et des produits agrochimiques, jadis hors de portée pour elle, et des services de mécanisation pour la préparation des terres et la récolte. Azara a aussi bénéficié d'une formation sur les bonnes pratiques agricoles et l'accès à des acheteurs fiables pour sa récolte.
Pour sa production d'arachides, Azara a continué de bénéficier du soutien d'organisations telles qu'Urbanet et MEDA, tout en conservant l'accès aux services de vulgarisation agricole sur lesquels elle s'appuyait auparavant. La souplesse des modalités de paiement, qui ne nécessitaient qu'un acompte de 50 % et le solde payable après les récoltes, a levé les obstacles financiers qui avaient longtemps empêché Azara de réaliser son rêve.
Pour la première fois de sa vie d'agricultrice, Azara Imoro a pu jouir de l'indépendance financière dont elle rêvait depuis longtemps, et elle était désormais en mesure de contribuer de manière substantielle aux dépenses du ménage et à l'éducation de ses enfants. Ces appuis lui ont permis d'accroître considérablement les rendements et les revenus qui en découlent.
Plus important encore, elle a gagné la reconnaissance de sa communauté, devenant une précieuse source d'inspiration, de connaissances et de conseils pour les autres agricultrices.
L'histoire d'Azara Imoro met en évidence un aspect crucial du succès du projet « SADEP » : son caractère inclusif. Le projet ne soutient pas uniquement les agriculteurs instruits ou ceux qui ont accès à des capitaux. En travaillant avec des agriculteurs commerciaux qui recrutent des petits exploitants indépendamment de leur niveau d'éducation ou de leur richesse, le SADEP a été en mesure de toucher des femmes comme Azara Imoro, historiquement exclues des programmes de développement agricole.
« Je ne suis peut-être pas allée à l'école, mais j'enseigne maintenant à mes filles que nous, les femmes, pouvons réussir dans l'agriculture et subvenir aux besoins de nos familles. C'est ça, l'éducation qui compte ! », sourit-elle.
Grâce à l'approche innovante du projet SADEP, Azara Imoro a agrandi non seulement son exploitation agricole, mais elle a aussi ouvert son horizon. Elle n'est plus une cultivatrice d'arachides qui lutte pour survivre d'une saison à l'autre. Elle est désormais une productrice agricole autonome, un modèle dans sa communauté et la preuve tangible que le développement agricole inclusif peut transformer la vie rurale.