Les activités de transport routier ou de voyageurs de la Société de transport Aorèma et frères (STAF) ont été suspendues temporairement à compter du 16 février dernier par Arrêté du ministre d'Etat, ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo.
La raison ? Le non-respect récurrent des prescriptions relatives au Code de la route et aux limitations de vitesse. Après 4 jours de la décision ministérielle, nous avons fait un tour dans des gares de ladite société pour constater l'ambiance qui y règne. Le constat ! Toutes les activités ont pris un coup avec la mesure et les responsables s'attèlent pour une reprise des affaires.
Avec l'arrêt des cars du parc, on imagine le nombre d'employés en chômage technique et le manque à gagner pour la société ainsi que pour les milliers de personnes qui gravitent autour des gares, véritables fourmilières besogneuses 24h/24 où parkeurs, petits commerçants, vendeurs à la sauvette vont chercher leur pitance quotidienne. Autant dire que pour beaucoup, le monde s'est effondré du jour au lendemain. Une équipe de votre journal pour en savoir davantage a fait un tour dans quelques gares de la place. Le cap a d'abord été mis sur la direction de la société. A
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près les civilités, le responsable STAF s'est occupé de l'équipe malgré la lourdeur de l'atmosphère qui pesait avec des vas et viens dans la cour. Sans trop de protocole, le responsable STAF, Ismaël Ouédraogo, a souligné que depuis la suspension des activités, des rencontres se sont multipliés dans la matinée du mercredi 18 février entre employeurs et employés au cours desquelles les chauffeurs ont reconnu leurs fautes et ont pris des engagements.
De ses dires, il s'agit entre autres, du respect strict de la clientèle, de la courtoisie ; du respect du Code de la route et de la limitation de vitesse à 90 km/h hors agglomérations et 40 ou 50 km/h en agglomération en fonction des localités. Monsieur Ouédraogo a laissé entendre qu'il est prévu d'instaurer une tenue de travail pour les chauffeurs, les apprentis et les convoyeurs qui vise à les différencier de la chaîne de travail.
Conscient que certains agissements ont pu déplaire à plus d'un, le responsable a présenté ses excuses à la population et à la clientèle pour les manquements qui ont pu être observés çà et là. Par ailleurs, il rassure sur l'engagement de la Société à corriger les erreurs et à s'améliorer davantage et dit rester optimiste quant à une reprise prochaine des activités de la société.
Par ailleurs, monsieur Ouédraogo a rappelé, concernant la réglementation du cahier des charges, qu'ils sont en règle vis-à-vis du ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité.
Quand la décision frappe les petits commerces d'à côté
A la gare STAF de Larlé, c'est une ambiance morose qui y règne. Des portes à moitié fermées, des groupes de commerçants par ci et par là devant leurs boutiques ou sous un hangar. D'autres avec des écouteurs dans les oreilles. Unanimement, ils disent subir la suspension des activités de la compagnie car leurs revenus dépendent des activités de la compagnie avec les arrivées et les départs.
Un conducteur de taxi devant la gare de Larlé a confié qu'avec la décision, les choses sont difficiles pour lui. Il a indiqué que la misère commence à se faire sentir du fait qu'il n'a plus d'activités car son seul travail était de conduire les passagers de la compagnie de transport. « Je demande aux autorités de lever la suspension car je pense que les trois jours suffisent à un employé de comprendre ce qui peut se passer s'il arrivait à perdre son boulot avec ces temps qui courent », a-t-il dit. Aux conducteurs de la société, il leur conseille d'être prudents désormais pour éviter des accidents par excès de vitesse,
Dans la même lancée, Maurice Nikièma, conducteur de tricycle, souhaite que les deux parties s'entendent pour une issue favorable à court terme. « Je pense qu'avec la situation, les chauffeurs ont compris la leçon et vont prendre conscient en respectant le code de la route et la limitation de vitesse », a dit monsieur Nikièma. Il reconnaît que les clients se plaignent des chauffeurs et des apprentis mais demande la clémence du gouvernement pour le bonheur de la population et des petits commerçants.
L'équipe s'est ébranlée vers la gare STAF de Gounghin. Là, Les fenêtres et les portes de certains restaurants sont fermées ou il n'y a pas d'affluence comme par le passé. Face à la situation, le jeûne et le carême se sont s'invités dans la danse. A seulement 4 jours d'arrêt de travail, rien ne va chez les commerçants qui prennent le coup. Vendeurs d'unités et de portables, Ouédraogo Sidiki, se dit affecter par la situation.
Selon lui, les affaires sont aux ralentis et la clientèle se fait rare. Il demande aux autorités de permettre la reprise des activités afin que les affaires puissent reprendre leur cours pour le bonheur de la population. Une source discrète a laissé entendre qu'elle pleure les personnes qui souffrent d'insuffisance rénale en province et qui se rendaient à Ouaga gratuitement pour leur dialyse. Et cette source de souhaiter que Dieu fasse que tout redevienne normal vivement.
De part et d'autre, l'arrêt des activités de la société impactent tant bien que mal les commerçants installés devant les gares et les environs.
Au marché du Théâtre populaire, comme partout ailleurs, la situation n'est pas reluisante pour ces commerçants. L'ambiance qui y règne est la même que dans les autres gars de la compagnie : commerçants assis ou adossés aux cars stationnés.
Pour Abdallah Sana, vendeur de téléphone et d'accessoires, depuis l'arrêt des activités de la gare, la situation est devenue compliquée car le poids se fait sentir sur eux aussi. Présentement, la clientèle se fait de plus en plus rare, a-t-il déclaré. A l'endroit des autorités, monsieur Sana leur demande d'être indulgentes. Selon lui, les chauffeurs ont compris leurs torts et ils sauront tirer les leçons nécessaires et prendre les engagements pour que cela ne se reproduise plus à l'avenir.
Chez Souleymane Rouamba, gérant de parking, les activités ne marchent plus depuis l'entrée en vigueur de la décision. Seul le service de retrait des courriers fonctionne. Les commerces qui gravitent autour de la gare sont tous à l'arrêt. Si cette situation perdure les répercussions seront énormes. Il demande au gouvernement d'être indulgent afin que les activités puissent reprendre leur cours normal pour permettre aux commerces de fonctionner à nouveau.