Sénégal: Les enseignants contractuels réclament l'égalité dans l'indemnité de logement

19 Février 2026

Le Collectif des Maîtres et Professeurs Contractuels du Sénégal sort de son silence pour dénoncer ce qu'il qualifie d'« injustice manifeste » dans l'application de l'indemnité représentative de logement.

Dans un communiqué, les enseignants contractuels interpellent les autorités de la République, les citoyens et l'opinion nationale sur une situation qu'ils jugent contraire aux principes d'égalité et de justice qui fondent l'État de droit sénégalais.

Chaque jour, des milliers de maîtres et professeurs contractuels assurent l'enseignement dans les écoles publiques du pays. Ils exercent, rappellent-ils, « les mêmes missions pédagogiques, les mêmes obligations professionnelles et les mêmes responsabilités » que leurs collègues titulaires.

Pourtant, lorsqu'il s'agit de reconnaissance et de traitement indemnitaire, une différence persiste. En janvier dernier, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adopté un décret généralisant l'indemnité représentative de logement à l'ensemble des agents de l'État.

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Une mesure saluée comme un pas important vers plus d'équité dans la fonction publique. Mais à la surprise générale, les enseignants contractuels ont été exclus de son application effective.

Pour le collectif, cette exclusion « ne repose sur aucun fondement objectif ni juridique ». En droit administratif, rappellent-ils, une différence de traitement entre agents publics ne peut être admise que si elle se justifie par une différence de situation ou un motif d'intérêt général clairement établi.

Or, expliquent-ils, rien ne distingue leurs fonctions de celles des titulaires. Ils enseignent, encadrent, évaluent et forment les élèves avec le même dévouement. « Aucune différence substantielle dans la nature des fonctions exercées ne saurait justifier une exclusion indemnitaire », soulignent-ils.

Au-delà du droit, c'est aussi la réalité sociale de ces enseignants qui préoccupe. Dans de nombreuses localités rurales ou périphériques, les maîtres et professeurs contractuels doivent trouver un logement par leurs propres moyens, souvent dans des conditions difficiles.

Les loyers, parfois élevés, grèvent lourdement leurs revenus déjà modestes. « L'indemnité de logement a précisément pour objectif de compenser ces charges. Exclure ceux qui en ont le plus besoin, c'est accentuer une précarité déjà réelle », déplore le collectif.

Face à cette situation, les enseignants contractuels formulent trois principales revendications : leur inclusion immédiate dans le bénéfice de l'indemnité de logement, une clarification officielle sur les raisons juridiques de leur exclusion, et le respect effectif du principe d'égalité au sein du service public de l'éducation.

« Nous ne demandons ni privilège ni faveur », concluent-ils, « mais simplement que la justice proclamée soit appliquée. L'école publique repose sur tous ses enseignants. La République ne peut en reconnaître certains et en oublier d'autres. »

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