Ile Maurice: Des experts de l'ONU évoquent un possible crime contre l'humanité

20 Février 2026

Les crimes attribués à Jeffrey Epstein pourraient répondre aux critères juridiques du «crime contre l'humanité», estiment des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies. Selon eux, les faits s'inscrivent dans un contexte marqué par le racisme, la corruption et une misogynie extrême. Cette prise de position intervient après la publication par la justice américaine de millions de pages de documents : échanges de courriels, SMS, photographies et pièces judiciaires. Si leur lisibilité varie, ces archives offrent un éclairage inédit sur l'ampleur des abus.

Une «entreprise criminelle mondiale»

D'après ces experts, les éléments révélés suggèrent l'existence d'une «entreprise criminelle mondiale». Ils soulignent que «l'ampleur, la nature systématique et la portée transnationale des atrocités commises contre des femmes et des filles» pourraient raisonnablement correspondre à la définition de crimes contre l'humanité.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Pour mémoire, cette qualification juridique a été employée pour la première fois lors des procès de Nuremberg afin de juger les atrocités nazies. Elle peut s'appliquer notamment au meurtre, à la torture, à l'esclavage, au viol et à d'autres formes de violences sexuelles lorsqu'elles sont commises de manière généralisée ou systématique.

Depuis la mort du financier américain en détention en août 2019, la libération de la parole s'est amplifiée. Plusieurs femmes ont témoigné de viols et d'agressions sexuelles, certaines évoquant une véritable situation d'esclavage sexuel.

Les experts pointent également des manquements dans la gestion judiciaire du dossier. Parmi les millions de documents divulgués - dont certains restent confidentiels - figureraient des informations et des photographies concernant plus de 1 200 victimes. Ils dénoncent des «lacunes graves en matière de conformité» ainsi que des expurgations jugées insuffisantes.

Selon eux, la réticence à rendre publiques toutes les informations et à élargir les investigations aurait contribué à raviver le traumatisme de nombreuses survivantes, certaines évoquant une «manipulation institutionnelle». Les experts appellent ainsi à l'ouverture d'enquêtes «indépendantes, approfondies et impartiales», afin d'établir comment ces crimes ont pu être perpétrés pendant des années sans intervention efficace des autorités.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.