Les chefs d'État africains se réunissent, ce week-end, à Addis-Abeba au 39e sommet annuel de l'Union africaine (UA). À côté des multiples sujets politiques et sécuritaires, les dirigeants africains discuteront également de l'accès à l'eau sur un continent où près de 400 millions de personnes n'ont pas accès à une eau potable sûre et ce, dans un contexte où les ressources en eau s'épuisent et la demande augmente.
L'Afrique n'est pas dépourvue d'eau mais cette ressource est inégalement répartie, explique Yves Tremblay, directeur de recherche à l'IRD : « Il faut constater deux types de réserves d'eau principales : les eaux souterraines qui sont malheureusement, dans de nombreuses régions, surexploitées - c'est le cas, par exemple, de l'Afrique du Nord - et puis, les zones intertropicales où on a une précipitation, une pluviométrie abondante mais avec des cycles de sécheresse de récurrence de plus en plus importante. Ces deux ressources ne sont pas forcément sécurisées dans l'avenir. »
En plus de l'impact du changement climatique, « les besoins en eau vont augmenter avec l'agriculture et une population africaine amenée à doubler d'ici 2050, provoquant ainsi un risque de conflits qui augmente », explique l'hydrologue Emma Haziza.
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« On a des problèmes entre pays parce que certains vont soit avoir de l'eau et les autres vont en vouloir, soit ils vont être en tête de bassins versants et donc avoir la capacité de fabriquer des barrages. C'est le cas, par exemple, de l'Éthiopie, sur le Nil, et de l'Égypte. C'est une forme d'arme de dissuasion, le fait de pouvoir stocker, en amont, de l'eau et de diriger les quantités qui vont devoir s'écouler à l'aval », ajoute-t-elle.
Il est essentiel d'anticiper ces risques, de développer une hydro-diplomatie et, pour faire revenir la pluie et retenir l'eau, il faut réparer la nature.