Comores: La lassitude des usagers de la route face aux problèmes de circulation dans la capitale

À Moroni, les embouteillages rythment désormais les journées. Aux heures de pointe, la circulation se fige, les klaxons n'arrêtent pas et les retards s'accumulent. Chauffeurs, usagers et automobilistes doivent composer avec des trajets imprévisibles. Certains changent de véhicules, d'autres modifient leurs itinéraires pour gagner quelques minutes. Faute de solution collective immédiate, chacun tente de s'adapter pour continuer à travailler, se rendre au marché ou arriver à l'heure au bureau.

Aux heures de pointe, Moroni, capitale des Comores, avance au pas. Les conducteurs se défoulent sur leurs klaxons, les moteurs surchauffent, et quelques kilomètres deviennent une épreuve. Yahaya a tranché : « J'empruntais souvent les taxis pour me déplacer et je mettais trop de temps sur la route. J'ai décidé de me déplacer en moto et ça m'arrange. Maintenant, je peux mettre trois à quatre minutes pour aller au marché, pour me faciliter la tâche ».

Mais tout le monde n'a pas ce choix et tout le monde ne peut pas zigzaguer. À la mi-journée, Djimi, chauffeur de taxi à Moroni, reste bloqué dans les files. « On peut rester bloqué jusqu'à une heure sur la route, c'est particulièrement éprouvant, déplore-t-il. La consommation de carburant augmente également. Avant, je pouvais gagner jusqu'à 20 euros par jour. Actuellement, ces revenus ne sont plus assurés. Certains jours, je choisis de quitter Moroni pour travailler dans les localités voisines, le temps que la circulation se fluidifie ».

« On n'a pas le choix, on vit avec »

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Faiz, lui, travaille dans l'administration et chaque matin est une épreuve. « Je mets 1h30 pour arriver au boulot, s'agace-t-il. Pourtant, la nuit c'est une route que je peux faire en 10 minutes. Quand je veux arriver à l'heure, je passe par des endroits pas du tout pratiques, mais je n'ai pas le choix. Et heureusement que j'ai une voiture qui est un peu haute. On n'a pas le choix, on vit avec ».

À Moroni, faute d'alternative organisée, la circulation se règle désormais à l'échelle individuelle et aux heures de pointe, certaines routes secondaires se transformant en solutions provisoires, avec un trafic qu'elles n'étaient pas conçues pour absorber.

« Des solutions sont étudiées et il y a des projets »

Alors que les usagers s'adaptent comme ils peuvent, la Direction nationale des routes reconnait un problème de circulation à Moroni et affirme travailler sur des solutions. Elle souligne toutefois que d'autres axes, notamment à Anjouan, connaissent des situations jugées urgentes. Entre priorités nationales et contraintes budgétaires, Ali Karani, directeur national des routes, admet : « Ça fait quelques mois que circuler à Moroni est devenu le parcours de combattants. Nous avons essayé de faire des relevés, faire les études, trouver les points noirs pour trouver des solutions. On n'a que trois axes grosso modo. »

Il poursuit : « Des solutions sont étudiées et il y a des projets, comment partir de Hahaya jusque dans le sud sans passer par Moroni, où on peut descendre avec des rocades. Pour le quotidien, les travaux d'urgence, ce n'est pas un problème de budget, même si j'en ai besoin, parce qu'on prévoit un budget de 2,5 milliards annuel [de francs comoriens, soit environ 5 millions d'euros, NDLR]. Je ne dispose que de 720 millions [environ 1,46 million d'euros, NDLR], mais on fait avec. »

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