La gestion des aires protégées à Madagascar reste fortement exposée à la corruption. Un atelier institutionnel tente aujourd'hui de transformer ce constat alarmant en actions concrètes.
Un chiffre révélateur d'un mal structurel
45 doléances crédibles ont été enregistrées en une seule année, selon les chiffres communiqués lors d'un atelier coorganisé par le BIANCO (Bureau indépendant anticorruption) et le ministère de l'Environnement et du Développement durable les 18 et 19 février 2029 à Ambatobe.
Derrière ces chiffres se dessine l'ampleur d'un problème qui gangrène la protection des ressources naturelles à Madagascar. Ces plaintes concernent des faits présumés de corruption facilitant des exploitations illicites dans des zones pourtant classées comme protégées.
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Urgent
Le secteur environnemental figure désormais parmi les priorités nationales en matière de lutte anticorruption pour la période 2025-2030. Une reconnaissance officielle qui traduit à la fois la gravité de la situation et l'urgence d'agir.
Bois précieux, biodiversité, ressources minières : les enjeux sont considérables, et les réseaux de corruption continuent de menacer l'intégrité des aires protégées, souvent au détriment des communautés locales.
Engagements
Face à cette situation, les autorités affichent une volonté de rupture. Lors de l'atelier tenu à Ambatobe avec l'appui financier de la GIZ, Manesimana Michaël Rafanomezantsoa, ministre de l'Environnement et du Développement durable, a réaffirmé l'engagement de son département « à collaborer avec l'ensemble des acteurs concernés afin d'identifier et d'appliquer des solutions durables ».
De son côté, Gaby Nestor Razafimanantsoa, directeur général du BIANCO, a insisté sur la finalité du processus engagé. Pour celui-ci, « les recommandations issues de cet atelier ne devront pas rester lettre morte. Leur mise en oeuvre effective est annoncée comme un objectif clair, avec des changements tangibles attendus d'ici fin 2026 ».