Sénégal: Financement du développement - Une nouvelle doctrine pour rompre avec l'endettement

20 Février 2026

En visite hier, jeudi, au ministère des Transports terrestres et aériens, le ministre de l'Économie, Abdourahmane Sarr, a acté avec son homologue Yankoba Diémé un changement de cap majeur : réduire la dépendance à la dette extérieure et faire de l'investissement privé le moteur d'une croissance plus structurante et territorialisée.

Dans le cadre de sa tournée de concertation auprès des départements ministériels, Abdourahmane Sarr, ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, s'est rendu au siège du ministère des Transports terrestres et aériens, à Diamniadio, pour une séance de travail avec Yankoba Diémé.

Organisée dans le climat de recueillement propre aux mois de Ramadan et de Carême, la rencontre a permis d'aligner la politique sectorielle des transports sur la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029. Elle a surtout marqué une volonté politique claire : rompre avec la culture de l'endettement systématique. Le diagnostic posé par le ministre de l'Économie est sans ambiguïté. Avec un encours de dette extérieure avoisinant 70 % du produit intérieur brut, le Sénégal ne peut plus financer ses projets en recourant mécaniquement aux bailleurs internationaux.

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« L'ère où tous les projets étaient systématiquement orientés vers un financement extérieur est révolue », a-t-il affirmé, annonçant une réorientation profonde de la doctrine budgétaire de l'État. La nouvelle stratégie repose sur un principe d'effet de levier : pour chaque franc CFA investi par l'État, il s'agira désormais de mobiliser entre deux et quatre francs CFA issus du secteur privé. L'État ambitionne ainsi de passer du statut de financeur quasi exclusif à celui de catalyseur stratégique, orientant les ressources publiques vers des projets à fort impact économique et social.

Les transports, levier stratégique de souveraineté

Yankoba Diémé a, pour sa part, réaffirmé le rôle déterminant du secteur des transports dans la transformation du pays. Loin de se limiter à la gestion de la mobilité, son département se positionne comme un véritable « catalyseur de souveraineté », en cohérence avec la vision « Sénégal 2050 ».

Sa feuille de route s'articule autour de trois priorités, à savoir la modernisation des transports terrestres, avec la consolidation d'un réseau durable et le développement de systèmes de transport collectif performants ; la relance du ferroviaire, appelé à devenir un outil majeur d'aménagement du territoire, dans la continuité d'infrastructures structurantes comme le Train express régional (TER) et le Bus Rapid Transit (BRT); le renforcement de la compétitivité aérienne, à travers le développement du pavillon national et la modernisation des infrastructures aéroportuaires.

« Notre responsabilité est d'inscrire chaque projet dans une logique de performance mesurable. Les citoyens attendent des résultats concrets », a souligné le ministre, appelant à davantage de rigueur dans la maturation et l'évaluation des projets.

Territorialiser pour accélérer la transformation

Les échanges ont également mis en avant la nécessité de territorialiser les politiques publiques. La SND 2025-2029 prévoit l'organisation du pays autour de huit pôles régionaux et d'un réseau de mille épicentres de développement, afin de renforcer les synergies entre zones urbaines et rurales et de promouvoir un développement endogène fondé sur la responsabilisation des territoires. Cette ambition implique une modernisation des outils de pilotage.

Les Lettres de politique sectorielle (LPS), souvent perçues comme formelles, devront devenir de véritables instruments de suivi et d'évaluation, capables de mesurer les performances et d'ajuster les trajectoires en temps réel.

Au terme de la rencontre, les deux ministres ont affiché une détermination commune : en finir avec les approches cloisonnées et privilégier une synergie interministérielle rigoureuse, pleinement alignée sur les objectifs de la SND 2025-2029. Le cap est fixé : place à l'efficacité, à la redevabilité et à l'impact tangible.

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