Sénégal: Crise universitaire - Le SAES plaide pour le dialogue

20 Février 2026

Le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur (SAES) a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle central dans la résolution de la crise qui secoue l'université sénégalaise. À l'issue de son assemblée générale tenue hier, jeudi 19 février, le SAES a indiqué assumer «pleinement » sa mission, au-delà de la simple défense des intérêts des enseignants-chercheurs. Il a appelé à dépasser les postures pour renouer avec un dialogue crédible entre les différents acteurs.

« Nous ne sommes pas seulement une organisation de défense des intérêts de nos collègues enseignants et chercheurs, nous sommes aussi une force de régulation, une conscience académique, et dans des moments critiques comme celui que nous vivons aujourd'hui, une puissance de médiation et de projection », a déclaré le coordonnateur du SAES campus de Dakar, Dr Mamadou Bodian. Selon lui, le syndicat a opté dès le début pour « la voie exigeante du dialogue », fidèle, selon lui, à l'esprit universitaire. Dans cette dynamique, des démarches de médiation ont été engagées auprès des différentes parties prenantes, notamment les responsables du Collectif des Amicales de l'UCAD.

« Nous avons engagé un travail méthodique de médiation auprès de toutes les parties prenantes. Nous avons rencontré les membres du collectif des Amicales pour leur adresser un message sans ambiguïté. Ne jamais déserter la table de négociation et ne jamais ériger la violence en mode d'expression, de revendication », a dit Dr Mamadou Bodian. Le SAES s'est également félicité de la récente libération des leaders étudiants, une mesure qu'il affirme avoir appelée de ses voeux dans une déclaration antérieure.

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Pour le syndicat, cette décision constitue « un signal encourageant » susceptible de favoriser une désescalade et de redonner une chance à la médiation, dans l'optique d'un climat universitaire apaisé. Le SAES insiste ainsi sur la nécessité de transformer cette ouverture en opportunité concrète de sortie de crise. Il met en garde contre certaines décisions institutionnelles, notamment la suspension des amicales des étudiants, qui, selon elle, pourrait priver l'université d'interlocuteurs structurés, fragiliser les mécanismes internes de régulation et accroître les risques de radicalisation des tensions.

Par ailleurs, le Syndicat autonome de l'enseignement supérieur continue de réclamer la vérité sur la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba. « Toute la lumière doit être faite sur la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba. La vérité n'est pas une option, elle est la condition de la justice et plus encore de la reconnaissance de la confiance collective », a insisté Dr Mamadou Bodian.

Le SAES réitère ainsi sa posture constante : « protéger l'université ».

« Protéger l'université, ce n'est pas seulement protéger ce que l'université détient, mais c'est aussi protéger le temps long qu'il en est. Cela passe par un engagement résolu en faveur de la normalisation de l'année académique. Nous refusons que les étudiants soient une fois de plus les victimes silencieuses d'une crise à répétition. Nous exprimons clairement notre disponibilité à accompagner toute dynamique sérieuse visant à stabiliser l'année universitaire », a indiqué le coordinateur du SAES Campus de Dakar.

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