Afrique: Lourdes peines et amendes pour les 18 supporters sénégalais - Rabat tranche, Dakar gronde

20 Février 2026

Après plus d'un mois d'attente et de tension diplomatique feutrée, la justice marocaine a rendu son verdict : des peines de trois mois à un an ferme pour les 18 supporters sénégalais arrêtés à l'issue de la Coupe d'Afrique des nations 2025. Une décision sévère, désormais assortie d'amendes substantielles, qui ravive la fracture née d'une soirée de janvier sous haute pression.

Le couperet est tombé hier, jeudi 19 février 2026, au Tribunal de grande instance de Rabat. Poursuivis pour «hooliganisme» (qualification englobant violences contre les forces de l'ordre, dégradations d'équipements sportifs, invasion de pelouse et jets de projectiles), les dix-huit prévenus ont été reconnus coupables. Plus tôt dans la journée, le Parquet avait requis jusqu'à deux ans d'emprisonnement contre chacun d'eux.

Dans un compte rendu détaillé, Bacary Cissé, président de la Commission communication de la FSF, a décrit une audience «particulièrement tendue». Selon lui, le juge a suivi les réquisitions du procureur du Roi, estimant les faits établis, tandis que la partie civile plaidait pour une application stricte de la loi. En face, la défense a soulevé la nullité de certains éléments de procédure et sollicité la clémence du tribunal.

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Après près de trois heures de délibéré, la décision est apparue comme un coup de massue pour les proches des accusés. « L'annonce du verdict a suscité une vive émotion dans la salle d'audience. L'atmosphère est rapidement devenue tendue, les détenus peinant à contenir leur détresse. L'un d'eux a même été victime d'un malaise, nécessitant une prise en charge », précise le rapport transmis à la presse. L'atmosphère, déjà lourde, s'est chargée d'électricité.

Dans le détail, les peines ont été réparties de manière graduée et assorties d'amendes. Neuf supporters ont été condamnés à un an de prison ferme et devront chacun s'acquitter de 5 000 dirhams (environ 325 000 FCFA). Six autres écopent de six mois ferme avec une amende de 2 000 dirhams (près de 125 000 FCFA). Les trois derniers sont condamnés à trois mois ferme et 1 200 dirhams d'amende (environ 75 000 FCFA). Des condamnations exécutoires immédiatement, conformément à la décision du tribunal.

Arrêtés le 18 janvier 2026, au soir de la finale remportée par le Sénégal face au Maroc, les supporters étaient devenus malgré eux le symbole d'une soirée qui a dégénéré. Pour Rabat, il s'agissait d'affirmer l'autorité de l'État et de sanctionner des actes jugés graves. Pour de nombreux observateurs sénégalais, le verdict s'apparente à une réponse judiciaire à la frustration d'une CAN perdue à domicile après cinquante ans d'attente.

Frustration, colère, déception et sentiment d'injustice dominent désormais les réactions côté sénégalais. Plusieurs voix dénoncent une sévérité disproportionnée, quand d'autres pointent la passivité diplomatique de Dakar dans ce dossier sensible. En creux, c'est toute la gestion post-finale qui interroge : entre maintien de l'ordre, responsabilité individuelle et portée symbolique d'un jugement qui dépasse le simple cadre sportif.

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