Que représenterait une communauté de biens en République Démocratique du Congo ?
Le MDW d'aujourd'hui inclura une explication du terme « communisme », un aperçu succinct de la conjoncture socio-politique en République Démocratique du Congo, et une suggestion de forme de communisme adaptée au contexte du pays.
Le communisme
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Comme nous l'avons expliqué la semaine dernière, le terme communisme englobe dans son sens originel une profusion de complexité liée au mouvement d'idées réformatrices et révolutionnaires. L'expression « communisme » dérivait d'une des lignées sémantiques les plus respectées dans les dictionnaires moraux, religieux, sociaux et politiques, englobant des notions telles que le commun, la commune, la communion, la communauté et le communautaire. À cette époque, ce langage commun et communal renvoyait à des traditions empreintes de significations d'une grande valeur éthique et sociale, comme l'amour du prochain, la dignité égale de tous les êtres humains, le refus de l'égoïsme possessif, la supériorité du partage, la prévalence du choix collectif et l'aspiration à vivre en communauté.
La pratique régulière de la solidarité communautaire, qui fait partie intégrante de l'usage des biens communs. L'expression « communiste » fait référence à un ensemble de significations historiquement liées à la critique des conséquences préjudiciables de la propriété privée et à un désir constant d'une communauté de biens. Le mot « communiste » était utilisé pour désigner les membres de cette communauté. Pour résumer, vers le milieu du XIXe siècle, le communisme prônait expressément la revendication de la communauté des biens, jugée indispensable pour le bien-être collectif et remplaçant la notion de propriété privée. Que signifie le terme « communauté de biens » ? Quels sont les biens en question ?
Les membres des églises primitives chrétiennes partageaient tout en commun. Ils espéraient la venue du Christ au sein d'une communauté de biens. C'est l'origine du communisme. Dans le contexte agricole, la mise en commun faisait référence au partage des ressources, dont l'une était évidemment la terre. « La terre n'est plus en propriété individuelle » ; elle n'appartient à personne. Nous affirmons le droit collectif d'accès aux produits de la terre, car elle appartient à l'ensemble du genre humain. Naturellement, c'était un communisme de nature agraire.
Dans certains villages, il y a des zones que l'on considère comme des espaces communautaires appartenant à toute la collectivité, et non à un individu en particulier. Dans le communisme agraire, la terre est considérée comme un humus qui ne peut être possédé. Elle est propriété de tous. Le communisme agraire plaide pour que la terre ne soit pas privatisée. Ensuite vient toute la phase d'industrialisation. Durant l'ère industrielle, la notion de communauté des biens ne se restreint plus à la sphère du foncier, elle doit englober également les moyens de production industriels et les ressources d'échange commercial.
Quelle structure devrait-on donner à leur appropriation collective complexe ? Dans un cadre d'industrialisation, l'objectif central évolue de la simple assurance de la récolte vers une structuration organisée de la production. Dans ce cadre, le communisme exige une refonte radicale du système de production. Cela implique d'associer une évaluation éthique à la compréhension économique. Pour les communistes des XVIIIe et XIXe siècles, l'établissement d'un nouvel ordre social est une nécessité impérative. La question cruciale est de définir les moyens nécessaires pour réaliser cet objectif à partir de la situation présente.
Le Congo
Le Congo est à la fois non agricole et non industrialisé. Depuis sa création en 1885 par le roi Léopold II, ce pays a été soumis à une exploitation coloniale incessante, allant de la prédation sous le Roi de Léopold II jusqu'à l'exploitation actuelle sous la présidence de Donald Trump. Suite à sa colonisation extractive, le pays a été laissé sans une véritable direction, au point que des voisins comme le Rwanda profitent de cette situation pour le conquérir, avec la complicité de ses propres ressortissants. Face à des prédateurs étrangers cherchant son cobalt et ses minéraux rares, et à des prédateurs locaux qui s'approprient l'avenir politique de leurs compatriotes, le Congo peut être décrit comme une nation caractérisée par une économie basée sur la rente. Le Congo dépend de la rente minière pour son économie.
Ce pays, riche en ressources essentielles pour toutes les avancées technologiques de l'histoire mondiale - du caoutchouc pour l'industrie automobile, du cuivre pour l'électricité, de l'uranium qui a contribué à mettre fin la guerre mondiale grâce au bombardement d'Hiroshima et Nagasaki avec une bombe atomique fabriquée à partir de l'uranium congolais, le coltan utilisé dans la fabrication de téléphones mobiles et ordinateurs ainsi que produits aérospatiaux, le cobalt et les terres rares actuels - demeure comme par le passé la cible des rapaces nationaux et internationaux. Normalement, les revenus tirés des ressources minières, forestières et hydrauliques devraient revenir à l'ensemble de la population congolaise.
Cependant, ces revenus sont pratiquement saisis par les dirigeants politiques, ne laissant que des restes à la population congolaise. Le pays subit une agression de la part de son voisin rwandais, dirigé par un stalinien qui bénéficie toujours du soutien de l'Ouest. Parallèlement, à l'intérieur du pays, les dirigeants politiques s'accaparent ce qui appartient au peuple. Les deux aspects de la réalité congolaise qui sont entremêlés l'un à l'autre sont extrêmement nuisibles pour le peuple congolais. Il faut faire de la rente extractive un sujet de partage, d'appropriation collective et de socialisation, plutôt que de la laisser être accaparée par une bureaucratie comprador. Au Congo, il est essentiel de mutualiser les ressources qui doivent être collectivisées et socialisées en matière d'appropriation, notamment la rente minière, agricole et hydraulique. Cela doit être fait dans le but d'assurer le bien-être de tous les Congolais.
Quel type de communisme adopter pour le Congo ?
Ce que nous nommons le communisme est la réponse du peuple.
La situation présente consiste en la saisie des revenus nationaux par une minorité de dirigeants politiques. Comment passer de la situation actuelle du pays à une socialisation des revenus et des produits nationaux bruts du Congo ? Par ailleurs, la transition se fera-t-elle grâce à une évolution pacifique, issue de l'efficacité de la propagande pour remporter les élections politiques, ou par le biais d'une révolution politicosociale violente ? Les communistes congolais devraient-ils opter pour une voie électorale et instaurer leur programme (changement de dirigeants) ou privilégier la révolution politico-sociale (modification de leadership) ?
Étant donné que la question concerne la socialisation des biens communs, la politique électorale ne produira pas le changement social espéré. Les élections engendrent des allégeances partisanes, et même tribales. Comme l'ont démontré les deux dernières séries d'élections en RDC, ce ne sont pas les élections qui permettront de remplacer la prédation par le partage et l'utilisation collective des ressources du Congo. Ces concepts lassaliens n'ont pas entraîné de transformations sociales à l'époque de Marx, et ils ne provoqueront pas davantage de changements à notre époque en République Démocratique du Congo.