La police renseigne, ce vendredi 20 février 2026, que l'antenne de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a démantelé un réseau de traite d'êtres humains. Les faits se sont déroulés le 18 février et ont mené à l'interpellation d'une femme. Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, traite de personnes par recrutement et transport à des fins d'exploitation sexuelle, complicité de faux.
L'arrestation a été rendue possible par l'exploitation d'un renseignement. Celui-ci signalait la présence d'une personne victime de traite dans l'établissement « ROUGEO BAR », situé dans le village de Bantaco. « Les agents de la DNLT ont effectué une descente sur les lieux, permettant l'interpellation, dans la chambre n°4, de la suspecte ainsi que de la victime, une jeune ressortissante nigériane récemment convoyée au Sénégal. L'enquête a révélé un système d'exploitation par la dette particulièrement rigoureux. La mise en cause a avoué avoir organisé le voyage de la victime depuis le Nigeria, via le Bénin, avec la complicité d'un réseau transnational de collaborateurs. La victime s'est vu imposer une « dette de convoyage » d'un montant d'un million (1 000 000) FCFA. Elle avait l'obligation de remettre l'intégralité de ses revenus quotidiens à sa proxénète jusqu'au remboursement total du montant pour recouvrer sa liberté. La suspecte assurait elle-même la formation de la victime aux « tarifs » et « prestations » de la prostitution », peut-on lire.
La police explique par ailleurs que l'interpellation s'est déroulée trois jours après l'arrivée de la victime au Sénégal. « Lors de son unique nuit d'exploitation, la victime a généré la somme de 17 000 FCFA (provenant de quatre clients), montant immédiatement confisqué par la mise en cause. Le reliquat de la dette imposée s'élevait ainsi à 983 000 FCFA au moment de l'intervention », poursuit la note.