La lutte contre le trafic de nos ressources naturelles franchit un nouveau palier à Moramanga. Un commerçant local, dont la réputation commence à sérieusement s'effriter, a été interpellé en flagrant délit au début du mois de février. L'individu est soupçonné d'être au coeur d'un réseau de commerce illicite de lémuriens et de tortues, des espèces emblématiques pourtant strictement protégées par la législation malgache.
Vente illégale
L'arrestation n'est pas passée inaperçue. C'est en plein jour, au coeur du marché municipal de Moramanga et sous les yeux des passants, que les forces de l'ordre ont cueilli le suspect. Ces animaux, qui auraient dû prospérer dans leur habitat naturel au sein des aires protégées, ont été extraits clandestinement pour alimenter un circuit de vente illégale. Un acte lourd de conséquences : selon le Code des aires protégées (COAP), une telle infraction expose son auteur à une peine de 2 à 5 ans d'emprisonnement, assortie d'une amende pouvant atteindre 20 millions d'ariary.
Verdict
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L'affaire a été déférée au parquet. En attendant l'audience prévue ce mardi, l'inculpé a été placé sous contrôle judiciaire. Un verdict particulièrement attendu par les observateurs, d'autant plus que l'homme n'en est pas à son coup d'essai. L'an dernier, son nom figurait déjà dans un dossier de détournement de marchandises conteneurisées. Cette arrestation intervient dans un climat de fermeté affichée par l'État. Parallèlement, le Bianco a tenu à Antananarivo, les 18 et 19 février derniers, un atelier crucial sur la cartographie des risques de corruption dans la gestion des aires protégées. Reste à savoir si la justice fera preuve de la sévérité nécessaire pour décourager les prédateurs de notre biodiversité.