Le Sénégal engage une nouvelle phase de sa politique climatique. Un atelier de consultation a réuni des représentants de ministères sectoriels, de la société civile, du secteur privé et des collectivités territoriales s'est tenu jeudi dernier à Dakar, afin d'élaborer le futur cadre juridique et réglementaire du marché carbone national.
La rencontre organisée conjointement par le ministère de l'Environnement et de la Transition écologique et l'Agence belge de coopération internationale (Enabel), a permis d'examiner un projet de décret présenté comme un texte fondateur. « Ce décret est un instrument stratégique de souveraineté climatique et économique », a déclaré Ababacar Dieng, conseiller technique au ministère, précisant que l'objectif vise à sécuriser les investissements liés au carbone, de préserver les intérêts nationaux et d'assurer la crédibilité des crédits carbone sénégalais sur les marchés.
L'ambition claire énoncée est de positionner le Sénégal comme une référence africaine en matière de gouvernance climatique. Plusieurs étapes ont été franchies, notamment l'élaboration d'une stratégie nationale sur les mécanismes de coopération carbone, le renforcement des capacités des acteurs publics et privés, ainsi que le développement d'outils techniques assurant transparence et intégrité environnementale.
Pour sa part, le directeur pays d'Enabel, Abou El Mahassine Fassi-Fihri, a salué la qualité de la démarche consultative engagée. Il a souligné qu'un accord opérationnel est en cours de co-construction avec la Direction du changement climatique pour définir concrètement les fondements de ce marché. Il a également exprimé l'espoir que le décret qui en découlera serve de modèle non seulement pour le Sénégal, mais aussi pour l'ensemble des pays de la sous-région.
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Pour rappel, le marché carbone repose sur un mécanisme de commercialisation de droits d'émission de gaz à effet de serre, afin d'inciter les entreprises à réduire leur empreinte carbone en rendant la pollution financièrement coûteuse.