Sénégal: Les autoroutes de l'eau vont diversifier les sources d'approvisionnement du pays (Ingénieur)

Dakar — Le recours aux autoroutes de l'eau permettra de diversifier les sources d'approvisionnement en eau du pays et de soutenir la "résilience" de son réseau d'ouvrages hydrauliques, a assuré l'ingénieur hydraulicien Abdoulaye Sène.

"Avec les autoroutes de l'eau, nous n'aurons plus seulement le lac de Guiers comme source d'eau, par exemple. Il y aura le barrage de Sambangalou et d'autres sources. Donc, nous allons utiliser le fleuve Gambie comme source d'eau [...] Cela revient à faire de la résilience en réduisant les vulnérabilités [...] Cela veut dire qu'on ne va plus dépendre d'une seule ressource [...] Les autoroutes de l'eau, c'est le développement d'une stratégie de résilience", a expliqué M. Sène dans une interview accordée à l'APS.

"On va mieux exploiter les eaux souterraines en veillant à la durabilité. On va aller chercher de l'eau à partir du lac de Guiers, qui est connecté au fleuve Sénégal. En même temps, nous allons chercher de l'eau au Sud, grâce à l'aménagement du barrage de Sambangalou", a-t-il ajouté. Les sources d'eau peuvent être largement diversifiées à l'aide des autoroutes de l'eau, a assuré l'ingénieur.

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"Les autoroutes de l'eau, c'est une vision à long terme, c'est une vision intégrée de la gestion des ressources en eau [...] Voilà un peu la vision qu'il faut avoir, une vision holistique et à long terme", a-t-il expliqué. Selon Abdoulaye Sène, cette innovation permettra au Sénégal de réduire la quantité d'eau en provenance du lac de Guiers, l'une des principales sources d'approvisionnement en eau des villes sénégalaises.

L'ingénieur hydraulicien accueille aussi d'un avis favorable le recours du Sénégal à la technique de dessalement de l'eau de mer, même s'il juge que c'est une technologie coûteuse. "Le dessalement reste une technologie très chère, parce que ses modalités technologiques consomment beaucoup d'énergie. On peut comprendre que l'Arabie saoudite puisse développer ça en raison de ses ressources pétrolières." "Avec le dessalement aussi, nous allons diversifier nos ressources d'eau. Nous aurons en même temps de l'eau en provenance du lac de Guiers, des forages et des unités de dessalement", a-t-il dit.

M. Sène est d'avis que "le dessalement contribue au renforcement de la résilience". "Admettons que même s'il peut coûter cher, un peu plus cher que le traitement des eaux de surface ou des eaux souterraines, le dessalement peut contribuer à l'amélioration de notre résilience en matière d'eau." "L'un de ses avantages, c'est sa contribution au renforcement de notre résilience et de notre sécurité hydriques", a-t-il ajouté.

En novembre 2024, le Fonds souverain d'investissements stratégiques (FONSIS) du Sénégal et l'entreprise chinoise Sinohydro ont signé un partenariat marquant le lancement officiel du projet de Grand Transfert d'eau (GTE) du lac de Guiers (nord) vers Dakar, Mbour, Thiès (ouest) et Touba (est). Cette initiative relevant de la promotion des autoroutes de l'eau fournira de l'eau potable à plusieurs millions de personnes. Le GTE est en même temps une initiative de promotion de l'agriculture irriguée, selon le FONSIS et le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement.

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