Maroc: Nouveau round de négociations à Washington sous l'égide des États-Unis

Le dossier du Sahara occidental est au coeur d'un nouveau round de négociations organisé à Washington du 23 au 24 février 2026. Les États-Unis accélèrent la cadence. Deux semaines après une première réunion tenue à l'ambassade américaine à Madrid, Massad Boulos, émissaire de Donald Trump pour l'Afrique, réunit cette fois dans la capitale américaine le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario.

Une séquence diplomatique à huis clos, qui témoigne d'une implication directe de la Maison-Blanche dans ce dossier vieux de près de cinquante ans. Mais derrière cette accélération, les positions restent profondément divergentes entre Rabat, le Front Polisario et Alger.

« C'est la troisième réunion en l'espace d'un mois, ce qui démontre que les Américains mettent les bouchées doubles pour essayer d'arriver à un résultat, sans doute à la fin du printemps », analyse le journaliste espagnol Ignacio Cembrero, à l'origine des révélations sur ces rencontres discrètes, au micro de notre journaliste du service Afrique de RFI Christina Okello.

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Selon lui, cette implication répond à plusieurs objectifs. « Donald Trump veut se présenter comme le président de la paix, l'homme qui réussit à obtenir des accords entre de vieux ennemis, comme c'est le cas du Maroc et du Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance de son Sahara occidental, contrôlé aujourd'hui en majorité par le Maroc ».

Autre motivation : aider le Maroc, un allié des États-Unis en Afrique, « qui vient d'intégrer le Conseil de la paix et qui va être même l'un des piliers de cette force de stabilisation que les Américains mettent sur pied à Gaza ». Washington cherche donc une « solution favorable » à son partenaire marocain.

Le Maroc est un pays ami que les États-Unis veulent aider, en trouvant une solution qui soit favorable au conflit du Sahara occidental. Ignacio Cembrero, journaliste dans la revue espagnole El Confidencial

Des lignes rouges toujours intactes

Premier point de blocage : le cadre même du règlement. Les États-Unis poussent pour que le plan d'autonomie proposé par Rabat serve de base aux discussions, dans la continuité de la dernière résolution du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée fin octobre. Une option jugée inacceptable par le Front Polisario et l'Algérie, pour qui toute solution excluant le principe d'autodétermination est inacceptable.

Les divergences portent également sur le futur statut administratif de l'ancienne colonie espagnole. Une autonomie plus poussée pourrait impliquer une réforme de la Constitution marocaine -- un chantier politiquement sensible dans un État très centralisé -- et, selon le journaliste, Rabat craint que cela n'alimente des revendications régionales, notamment dans le Rif.

Autre sujet de discorde, plus symbolique encore : le plan marocain exclurait toute reconnaissance officielle d'une identité sahraouie, sans drapeau ni hymne. Une restriction vivement dénoncée par les représentants sahraouis. À titre de comparaison, rappelle le journaliste, des États américains comme la Californie ou le Texas disposent de symboles régionaux tout en restant pleinement intégrés à l'ensemble national.

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