Cameroun: Maurice Kamto dénonce la confiscation du corps d'Anicet Ekane par l'Etat

Le leader d'opposition du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) Maurice Kamto
22 Février 2026

Un mort sans sépulture : l'État camerounais retient le corps d'un opposant depuis trois mois

Trois mois. C'est le temps qu'attend la famille d'Anicet Ekane pour récupérer le corps de son proche mort en détention.

Trois mois après sa mort en cellule, le corps d'Anicet Ekane n'a toujours pas été rendu à sa famille. Un fait rarissime, même pour un régime habitué aux dérives autoritaires.

Un opposant arrêté, isolé, mort

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Le 24 octobre 2025, Anicet Ekane, Président National du MANIDEM, est interpellé à Douala, conduit encagoulé à Yaoundé, et incarcéré au Secrétariat d'État à la Défense (SED). Privé de son équipement médical vital, il décède le 1er décembre 2025. Depuis, sa dépouille est retenue par les autorités camerounaises, sans explication officielle.

Kamto accuse, le MRC exige

Le 21 février 2026, le Professeur Maurice Kamto, Président National du MRC, publie un communiqué officiel depuis Yaoundé. Il dénonce une rétention délibérée du corps, qualifie les circonstances de la mort d'orchestrées, et parle ouvertement d'assassinat politique.

Une stratégie méthodique de neutralisation

La séquence est limpide : arrestation brutale, isolement médical, mort en cellule, confiscation de la dépouille. Chaque étape prive la famille de tout recours symbolique ou juridique. Empêcher des obsèques, c'est aussi empêcher la mobilisation politique qui s'ensuivrait.

Des prisonniers politiques, dont des mineurs

Le MRC exige la restitution immédiate du corps. Il demande également la libération de tous les prisonniers politiques détenus dans le cadre de la crise postélectorale d'octobre 2025, dont une partie significative est constituée de mineurs. Confisquer une dépouille, c'est confisquer le deuil. C'est neutraliser la mémoire collective d'un opposant.

Un impact immédiat et des conséquences durables

À court terme, cette affaire documente une pratique d'État : instrumentaliser la mort pour neutraliser l'opposition. Sur le plan international, elle alimente les dossiers des organisations de droits humains et fragilise la crédibilité diplomatique de Yaoundé. À long terme, confisquer le corps d'un opposant crée un martyr. L'histoire africaine en témoigne : le silence forcé génère une mémoire plus puissante que n'importe quel discours.

Jusqu'où un régime peut-il aller pour effacer une figure politique et à quel moment ce silence devient-il lui-même une preuve ?

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