La commune de Kahone, dans la région de Kaolack, peine à se remettre de la mort atroce d'une fillette âgée de 5 ans. Au lendemain de ce drame, les commentaires vont bon train dans cette localité encore sous le choc.
Dans la nuit du mardi au mercredi, l'enfant, répondant au nom de D. Sow, a été retrouvée sans vie dans un bâtiment en construction au quartier Kanda de Kahone. Un crime d'une rare violence qui a plongé la population dans l'émoi et une profonde tristesse. Selon des sources concordantes, la fillette avait été portée disparue dans la soirée. Alertée par son absence inhabituelle, la famille, appuyée par des voisins, a entamé des recherches dans le quartier. Son corps sera finalement découvert dans un chantier inachevé, non loin du domicile familial. Au lendemain de cette sordide affaire, les habitants restent gagnés par la peur et l'inquiétude.
« Elle jouait souvent devant la maison. Nous avons fouillé les ruelles, appelé dans tout le voisinage. C'est à ce moment que nous avons commencé à nous inquiéter », raconte un oncle de la victime, la voix nouée. Dans le voisinage, tous décrivent une enfant joviale et appréciée. « Personne n'imaginait une telle issue. C'était une enfant calme et souriante. Ce qui s'est passé dépasse l'entendement », confie une voisine encore sous le choc.
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Le récit bouleversant de son oncle
Deux jours après le drame, certains éléments permettent de mieux comprendre le déroulement des faits. Dans la maison familiale, le deuil se lit sur tous les visages. Idrissa Sow, oncle de la défunte, revient sur les heures qui ont précédé la découverte macabre. Il explique que le présumé meurtrier, un proche parent prénommé L. Sow, séjournait régulièrement chez eux lors de ses passages à Kahone. « Nous étions tous à la maison ce soir-là, devant la télévision.
C'est lui-même qui préparait le thé. Plus tard, la maman de la petite m'a signalé que Diarra n'était pas avec elle. Elle m'a également fait savoir que L. n'était plus dans la maison », relate-t-il. La panique gagne alors la concession. Les recherches s'intensifient, mais restent vaines. Décidé à alerter la gendarmerie, Idrissa prend la direction de la brigade. En chemin, une intuition le pousse à se diriger vers l'ancien garage Nioro. « J'ai aperçu L. dans une ruelle, marchant à vive allure, comme s'il voulait quitter la ville. Je l'ai suivi discrètement jusqu'au garage », détaille-t-il. Persuadé qu'il tentait de fuir, Idrissa profite d'un moment d'inattention pour l'interpeller. Une altercation éclate.
Le suspect le blesse à la main avec un couteau avant l'intervention des forces de l'ordre, qui parviennent à le maîtriser. Conduit dans les locaux de la gendarmerie, le suspect serait passé aux aveux, selon les proches. Il aurait indiqué l'emplacement du corps et conduit les enquêteurs jusqu'au bâtiment en construction situé à quelques mètres de la maison familiale.
Retour insoutenable sur le lieu du drame
C'est là que la dépouille de la petite D. Sow a été retrouvée, gisant dans une mare de sang. Malgré l'horreur des faits, Idrissa décrit le suspect comme une personne appréciée de tous. « Cela me surprend. C'est quelqu'un que nous connaissions bien. Il ne buvait pas, ne fumait pas. Il pouvait même dépenser son argent sans compter », avance-t-il. Ce drame relance la question de la sécurité dans la commune de Kahone.
Pour plusieurs habitants, les chantiers inachevés constituent un danger permanent, servant parfois de refuge à des individus malintentionnés. « Les nombreuses maisons abandonnées sont devenues des cachettes idéales pour les malfaiteurs. Il est temps que la municipalité prenne ses responsabilités », plaide un enseignant du quartier, sous couvert de l'anonymat. À Kanda Fodé Bayo, les populations appellent au renforcement de la surveillance et à une meilleure sécurisation des bâtiments en construction. Elles prônent également une vigilance accrue et une implication communautaire plus forte pour protéger les enfants.
Les leaders communautaires invitent toutefois au calme, le temps que l'enquête suive son cours. « Il faut éviter les rumeurs et laisser la justice faire son travail », insiste un notable. Pour le chef de quartier de Kanda, Ibrahima Bayo, la sécurité doit être une affaire collective. Il appelle les habitants à plus de vigilance et de solidarité afin qu'un tel drame ne se reproduise plus dans la commune. En attendant les conclusions de l'enquête, Kahone reste plongée dans la douleur, entre recueillement, indignation et quête de justice.