Burkina Faso: Procès assassinat Viviane Yolande Compaoré - Le tribunal ordonne une expertise psychiatrique pour l'accusé

A l'audience du vendredi 20 février 2026 relatif au procès en flagrant crime concernant l'assassinat de l'ancienne ministre, Viviane Yolande Compaoré le Tribunal de grande instance Ouaga II (TGI), sis à Karpala Me Sosthène Dabiré, avocat de l'accusé Wendpanga Yanick Bougouma a présenté au tribunal une requête à fin d'expertise psychiatrique car selon lui, il y a des éléments qui interrogent sur l'état mental de son client. Le tribunal a donné une suite favorable à cette requête en renvoyant le dossier au 13 mars prochain.

Un autre renvoi dans le procès en flagrant crime concernant l'assassinat de l'ancienne ministre et député, Viviane Yolande Compaoré. En effet, si à l'audience du 30 janvier dernier, le dossier avait été renvoyé à la demande de Me Sosthène Dabiré, conseil de l'accusé pour disait-il « connaitre du fond du dossier, l'examiner mais aussi pouvoir échanger avec l'accusé Wendpanga Yanick Bougouma et cela afin de le défendre dans des conditions optimales », cette fois-ci, soit le 20 février, l'avocat à la Cour a présenté au tribunal une requête à des fins d'expertise psychiatrique.

Pour Sosthène Dabiré à la lumière de l'examen de ce dossier et au terme d'un entretien avec son client, il est ressorti des éléments qui interrogent sur l'état mental de l'accusé. Partant de là, l'homme en robe noire a estimé qu'il était nécessaire que la juridiction ordonne une expertise psychiatrique pour la manifestation de la vérité. Mais, que les choses soient claires, a clarifié l'avocat en déclarant : « cette demande est légale, puisque fondée sur la disposition du Code de procédure pénale et ensuite cette demande en réalité renforce même les droits de l'accusé.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

D'abord, parce qu'elle garantit le droit à un procès équitable,ensuite elle garantit le droit de la défense, garantit même le respect de la présomption d'innocence ». Est-ce que le rapport d'expertise pourrait impacter ce procès ? A cette question, le conseil de l'accusé est formel : « bien entendu, si à l'issue du rapport d'expertise, il se révèle qu'effectivement l'accusé est dément, cela a une implication juridique sur la responsabilité pénale ».

A la requête du conseil de l'accusé, contrairement à la partie civile, le parquet s'y est fermement opposé même s'il reconnaît toutefois que la défense est en droit de penser que l'accusé a été influencé par d'autres choses et qu'il n'est pas dans un état mental susceptible de participer au procès et d'éclairer le tribunal. En effet, dans ses observations-réquisitions, Lafama P. Thiombiano, procureur du Faso près le TGI Ouaga II a motivé la position du ministère public par le fait que depuis toutes les étapes de la procédure, l'accusé ait été suffisamment constant dans sa narration, dans la constitution des faits jusqu'à cette date.

De ce fait, « nous pensons qu'il n'y a pas de plus-value à ce qu'on fasse droit à une requête de fin d'expertise psychiatrique, parce que nous pensons que l'accusé reconnaît suffisamment les faits, et il ne les a jamais contestés, il les explique dans les détails ». Autrement dit, selon le ministère public, ils n'ont jamais décelé la moindre incohérence de nature à interpeller leur attention sur un déficit mental. Mieux, la médecine légale a fait selon lui, une autopsie dont les conclusions sont suffisamment très claires dans ce qui s'est passé.

Mais, en tout état de cause, les éléments que le conseil a évoqués ne sont pas de nature à entraîner une quelconque non-imputabilité, c'est-à-dire de rendre l'accusé irresponsable pénalement. D'où son opposition au renvoi du dossier, mais plutôt à la manifestation de la vérité en ouvrant les débats, ce qui d'après lui, permettra aux ayants droit de la victime de comprendre exactement ce qui s'est passé dans cette affaire dans des délais raisonnables.

Mais le dernier mot est revenu au tribunal qui, a décidé autrement en faisant droit à la requête du conseil de l'accusé. Rendez-vous a été donné par la juridiction, au 13 mars prochain pour la suite.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.