L'entrepreneur Mark Shuttleworth introduit un programme de revenu lié à la conservation sur Príncipe, une petite île de São Tomé et Príncipe, où il possède plusieurs centres de villégiature de luxe.
Par l'intermédiaire de son organisation à but non lucratif Faya, jusqu'à 3 000 résidents, soit environ 60 % de la population adulte de l'île, recevront des paiements annuels pouvant aller jusqu'à 20 000 dobras, soit environ 958 dollars. Les paiements seront distribués trimestriellement et sont décrits comme un "dividende naturel".
Les habitants doivent vivre sur l'île depuis au moins huit ans et s'engager à éviter les activités qui nuisent à la biodiversité pour pouvoir en bénéficier.
Príncipe est une réserve de biosphère de l'UNESCO connue pour son grand nombre d'espèces endémiques. Shuttleworth a acquis le centre de villégiature Bom Bom en 2012 et possède désormais 4 hôtels sur l'île par l'intermédiaire de HBD Príncipe. Les clients de l'hôtel paient une taxe de conservation de 25 € par nuit, qui finance des projets environnementaux et communautaires.
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Le programme débutera par un projet pilote de trois ans dont le coût s'élève à environ 15 millions d'euros. Les organisateurs évalueront s'il peut être maintenu et étendu après la période d'essai.
Points clés à retenir
Cette initiative reflète un modèle de plus en plus répandu dans le domaine du financement de la conservation, qui associe la protection des écosystèmes à des paiements directs en faveur des communautés locales. Plutôt que de dépendre uniquement du gouvernement ou des bailleurs de fonds, le programme utilise les revenus du tourisme pour financer la protection de la biodiversité.
En Afrique, des approches similaires gagnent du terrain. Le Gabon a reçu 17 millions de dollars en 2021 dans le cadre d'un accord axé sur les résultats visant à réduire la déforestation. Ces mécanismes visent à aligner les incitations économiques sur les objectifs de conservation. Pour les petites économies insulaires comme Príncipe, où le tourisme occupe une place centrale, la protection des ressources naturelles est liée aux revenus à long terme.
Les paiements directs peuvent renforcer le soutien de la communauté à la conservation, bien que la durabilité dépende d'un financement cohérent et de normes de conformité claires. S'il est couronné de succès, ce modèle pourrait servir de modèle pour le financement de la biodiversité par le secteur privé dans d'autres régions.