La banque centrale de Zambie a abaissé son taux directeur de 75 points de base à 13,50 %, marquant ainsi une deuxième baisse consécutive et un mouvement plus important que ne le prévoyaient les analystes.
Cette décision reflète l'atténuation de la pression inflationniste en ce début d'année. L'inflation annuelle est tombée sous la barre des 10 % en janvier, ce qui laisse penser qu'elle pourrait revenir dans la fourchette officielle de 6 à 8 % au cours du deuxième trimestre.
Les décideurs politiques ont cité l'appréciation du kwacha et les entrées de devises étrangères provenant du secteur minier comme les principaux moteurs de cette baisse. L'amélioration des conditions agricoles a également soutenu l'approvisionnement alimentaire et la stabilité des prix.
La banque centrale a révisé ses perspectives, prévoyant une inflation moyenne inférieure à 7 % en 2026, avec une nouvelle modération en 2027.
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La baisse des taux fait suite à des années de forte inflation liée à la dépréciation de la monnaie, à la pression fiscale et au stress de la dette extérieure. La Zambie a fait défaut sur sa dette extérieure en 2020 et a depuis restructuré ses obligations avec les créanciers bilatéraux et privés.
Le gouvernement cherche à mettre en place un nouveau programme avec le Fonds monétaire international et souhaite parvenir à un accord au niveau du personnel dans les mois à venir.
Points clés à retenir
L'assouplissement monétaire de la Zambie indique que la désinflation est en train de s'installer. La baisse de l'inflation réduit la pression sur les coûts d'emprunt et soutient la croissance du crédit dans une économie qui dépend des exportations minières. Le cuivre reste la principale source de devises étrangères. La forte demande mondiale et la stabilité de la production ont soutenu le kwacha.
Une monnaie stable réduit l'inflation importée et renforce les réserves. Toutefois, des risques subsistent. Le processus de restructuration de la dette de la Zambie est en cours et l'assainissement budgétaire reste essentiel au maintien de la stabilité macroéconomique.
Un programme renouvelé du FMI apporterait une crédibilité politique et l'accès à un financement concessionnel. Si l'inflation revient dans la fourchette cible de 6 à 8 %, la banque centrale pourrait poursuivre son assouplissement progressif. L'équilibre dépendra de la stabilité du taux de change, des prix des matières premières et des progrès des réformes fiscales.