Le taux d'inflation annuel du Zimbabwe est passé sous la barre des 10 % pour la première fois depuis 1997, ce qui constitue une étape importante pour une économie longtemps marquée par l'hyperinflation.
L'inflation en monnaie locale est passée de 15 % en décembre à 4,1 % le mois dernier. Les autorités attribuent ce ralentissement au resserrement de la politique monétaire, à la limitation des dépenses budgétaires et aux efforts déployés pour soutenir la nouvelle monnaie ZiG avec de l'or et des réserves étrangères.
Le Fonds monétaire international a approuvé un programme de 10 mois contrôlé par le personnel au début du mois. Le prêteur a déclaré que l'inflation en 2026 devrait rester à un chiffre, soutenue par des conditions monétaires strictes et un marché des changes plus stable.
L'amélioration des termes de l'échange a également joué un rôle. La baisse des prix du pétrole a réduit les coûts d'importation, tandis que la hausse des prix de l'or et du platine a stimulé les recettes d'exportation et les réserves.
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Le Zimbabwe a introduit le ZiG, abréviation de Zimbabwe Gold, comme dernière tentative d'ancrage d'une monnaie locale après des années de dollarisation.
Les entreprises affirment que les conditions se sont améliorées par rapport au pic d'hyperinflation de 2008, lorsque les prix ont doublé rapidement et que le dollar zimbabwéen s'est effondré.
Points clés à retenir
L'histoire de l'inflation au Zimbabwe façonne le scepticisme actuel. En 2008, l'hyperinflation a rendu la monnaie locale sans valeur, anéantissant l'épargne et les pensions. Depuis lors, les réformes monétaires répétées ont eu du mal à instaurer la confiance. Une inflation à un chiffre apaiserait les inquiétudes des investisseurs et pourrait débloquer des investissements dans le secteur minier.
Le Zimbabwe possède d'importantes réserves de lithium et de platine, qui sont des intrants essentiels dans les chaînes d'approvisionnement de la transition énergétique. Toutefois, la durabilité dépend de la cohérence des politiques. Les gains passés ont été annulés en raison de dérapages budgétaires, de l'augmentation des liquidités et de l'instabilité du taux de change.
La confiance repose sur le maintien d'un contrôle strict de la masse monétaire et d'une garantie de réserve crédible pour le ZiG. Le programme du FMI signale un engagement avec les institutions multilatérales, ce qui peut soutenir la crédibilité des réformes. Néanmoins, des risques structurels subsistent, notamment une dette publique élevée et un accès limité au financement extérieur.
Une stabilité durable des prix pourrait ancrer les attentes et soutenir la croissance. L'incapacité à protéger les acquis pourrait raviver les pressions monétaires. Pour les décideurs politiques, le défi consiste à convertir la désinflation à court terme en crédibilité à long terme.