Cote d'Ivoire: Budget citoyen

23 Février 2026
éditorial

L'économie, ce n'est pas sorcier. Nous le vivons au quotidien. Sans nous en rendre compte. Au moment où la Côte d'Ivoire entame un nouvel exercice budgétaire, il est bon de comprendre, à une échelle de proximité, tout le mouvement et les efforts qui sont entrepris par les autorités ivoiriennes, au sommet.

Le succès réalisé par le pays, sur le plan international, avec l'émission réussie du premier Eurobond de l'année, donne l'occasion d'un décryptage citoyen.

Euloge Séry est agent de banque. Il est marié et père de famille. Chaque mois, il se bat pour boucler ses dépenses. Il doit payer la maison, faire face à l'alimentation et aux différentes factures domestiques d'électricité, d'eau, d'Internet et des chaînes câblées auxquelles il a souscrit. Mais aussi, il a le transport à supporter et son repas de midi. De septembre à février, donc sur six mois, il doit régler les frais d'écolage de ses deux enfants. Il s'est entendu avec sa femme.

Cette dernière travaille comme caissière dans un supermarché. Elle s'occupe du salaire de la nounou, du goûter des enfants, mais surtout d'elle-même. Sans donner de chiffres, vous avez là, à peu près, les lignes du budget familial. Le couple Séry est chaque fois à l'épreuve, pour faire face à ces différentes obligations.

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L'argent ne suffit pas. Surtout qu'il arrive des évènements inattendus, comme des maladies, la visite d'un parent, des décès. Sans oublier les mois où des fêtes ou autres activités inhabituelles demandent des ressources additionnelles. Chaque mois est un casse-tête pour joindre les deux bouts. Le petit business de cybercafé ne lui rapporte plus assez d'argent.

Les offres des opérateurs de téléphonie mobile ont profondément réduit sa clientèle. Mais, Séry, en père sage, sait aussi qu'il faut assurer à sa petite famille un avenir paisible. Il envisage de se bâtir une modeste maison. Il compte sur la banque dans cette opération. Ce fait, tiré du quotidien du citoyen, définit l'essence même de l'économie. Nous avons des besoins pratiquement illimités.

En face, nos ressources sont inextensibles. Comment gérer donc nos revenus rares pour satisfaire des nécessités illimitées ? C'est tout le sens de l'économie. Comment Séry doit-il faire pour satisfaire à ses obligations au jour le jour et, en même temps, préparer l'avenir de sa progéniture, pour qu'elle soit dans de meilleures conditions de vie que lui n'en a bénéficié ?

C'est exactement le défi que relève, chaque année, un État dans l'exécution de son budget. Payer le salaire des fonctionnaires et agents de l'État, régler le bail des maisons des agents qui y ont droit, entretenir les routes et autres infrastructures économiques, assurer la survie des bâtiments administratifs et des différents équipements (santé, sport, loisirs, tourisme...), payer ses factures d'eau et d'électricité, régler le service de la dette.

Faire régner l'ordre et la sécurité au sein de la population et aux frontières. Disposer de systèmes de santé et d'éducation fiables. Tout cela a un coût. Ce n'est pas tout. Il faut également réaliser des investissements pour l'avenir, élaborer des programmes pour garantir à la jeunesse un devenir paisible et radieux, etc. (comme Séry le veut pour ses enfants).

En Côte d'Ivoire et partout dans le monde, le revenu de l'État (salaire de Séry) est constitué des divers impôts, des recettes douanières et autres taxes. Ce sont les recettes à mobiliser en interne, dans le pays.

A l'image de notre chef de famille, ces recettes sont insuffisantes pour les différentes grandes dépenses que le gouvernement prévoit pour le fonctionnement des institutions et les investissements. On parle de déficit budgétaire. Et comme notre cher Séry, il va s'adresser à l'extérieur (la banque pour Séry), pour disposer d'appuis budgétaires.

Seulement qu'à l'extérieur, les bailleurs de fonds ne prêteront d'oreille attentive que si le pays est solvable. S'il respecte ses engagements. S'il a une bonne signature. En un mot, les investisseurs et banquiers du monde vont examiner la capacité de remboursement du pays. Ce qui va établir leur capital confiance. C'est une sorte d'aval, comparativement au cas de Séry.

En la matière, la Côte d'Ivoire a une place honorable dans l'échelle d'estime du milieu financier international. La dernière démonstration est le succès réalisé sur le marché boursier de l'Eurobond, le mercredi 18 février 2026.

En captant sur le marché international 715 milliards de FCfa pour le compte du budget 2026, évalué à 17 350,2 milliards de FCfa. C'est un appui considérable. Il témoigne de la viabilité et de la fiabilité de l'économie ivoirienne. Les prêteurs étaient même prêts à débloquer 3 465 milliards de FCfa en faveur de la Côte d'Ivoire. Tellement ils sont convaincus du sérieux de l'État ivoirien.

Il arrive, en effet, qu'au regard de la rigueur que vous imposez aux mouvements de votre compte bancaire et à la régularité de vos dépôts, à l'image de Séry, la banque vous appelle pour vous proposer des crédits. Là où d'autres qui s'adressent à elle se voient refuser la demande.

La Côte d'Ivoire a fière allure à l'extérieur. Et personne ne doute que c'est le reflet du leadership du Président Alassane Ouattara. Il a, de fait, une vision bien nette. Arriver à une grande Côte d'Ivoire. Vision traduite dans le Plan national de développement (Pnd 2026-2030). C'est dire que la mobilisation de ressources pour le budget 2026 n'est qu'une actualité de cette projection dans le futur (dans la situation de Séry, c'est la construction de sa maison pour sa famille).

Pour cette vision nationale, tous les investisseurs se mobilisent à l'international. De la Banque africaine de développement (Bad) au Système des Nations unies, en passant par la Chine, les hommes d'affaires singapouriens et autres institutions internationales financières et bancaires, la Côte d'Ivoire trouve sur sa voie que des feux au vert, pour faciliter son parcours vers le développement pour tous et le bien-être pour chacun.

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