Ile Maurice: Nigel Farage, leader de Reform UK, accuse Londres d'avoir bloqué sa traversée vers l'île du Coin

23 Février 2026

Le dossier des Chagos a été secoué par plusieurs controverses ces dernières semaines. Rien ne semble indiquer un apaisement, en vue de la signature finale de l'accord entre Maurice et Londres, pour que la souveraineté sur l'archipel revienne à Maurice.

Dernier rebondissement en date : selon le journal britannique Daily Mail, le leader du parti Reform UK, Nigel Farage, accuse le gouvernement britannique d'avoir tenté d'entraver sa mission visant à acheminer de l'aide au groupe de Chagossiens mené par Misley Mandarin, installé sur l'île déserte appelée l'île du Coin, qui fait partie de l'atoll Peros Banhos, qui lui-même est compris dans l'archipel des Chagos.

D'après le Daily Mail, Nigel Farage s'est rendu cette semaine aux Maldives avec l'intention d'embarquer à bord d'un bateau transportant de l'aide humanitaire, à destination de l'île du Coin. Quatre Chagossiens y ont débarqué il y a une semaine, avec l'objectif déclaré de se réinstaller sur leur terre d'origine et de bloquer le transfert de souveraineté de l'archipel, du Royaume-Uni vers Maurice, en y établissant une habitation permanente.

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Des vivres essentiels, notamment de la nourriture et des médicaments, ont été rassemblés pour soutenir ces hommes, qui vivent sous des tentes depuis leur arrivée sur place, lundi dernier. Ils affirment que d'autres arrivées sont imminentes, dans l'espoir que la création d'un établissement durable aux Chagos, complique le processus de rétrocession.

Accusations

Cependant, toujours selon le Daily Mail, Nigel Farage soutient que le gouvernement britannique aurait «tout fait» pour l'empêcher de monter à bord du bateau et de mener à bien cette traversée d'environ 24 heures entre les Maldives et les Chagos, qui demeurent à ce stade, un territoire britannique. Il est désormais entendu que le navire effectuera le trajet d'environ 300 miles sans lui, tandis que Nigel Farage devrait retourner au Royaume-Uni.

Dans une vidéo enregistrée depuis les Maldives, dans l'océan Indien, le leader de Reform UK affirme que les autorités britanniques auraient dépêché des «équipes de recherche» pour le localiser. Il dit ne pas comprendre «l'obsession» du Premier ministre britannique, Keir Starmer, pour se «se débarrasser des îles Chagos».

Dans une déclaration transmise au Daily Mail, Nigel Farage affirme : «Le gouvernement britannique a déployé tous les efforts possibles pour m'empêcher de me rendre vers les Chagos. Ils ont demandé au gouvernement des Maldives de m'empêcher de quitter le pays et de monter à bord du bateau. C'est une information qui m'a été communiquée par une haute personnalité du gouvernement maldivien». Il ajoute : «Je ne peux pas croire qu'une telle tentative ait été faite pour empêcher un citoyen britannique de se rendre dans un territoire britannique. Ma source m'a dit que les Britanniques étaient 'très préoccupés' par ma présence et voulaient savoir pourquoi j'étais ici.»

Tension vive

Le Foreign Office a rappelé cette semaine qu'il demeure «illégal et dangereux d'entrer dans les îles extérieures des Chagos sans permis valide».

Sur le terrain, la tension reste vive. Les quatre Chagossiens ayant accosté à l'île du Coin ont reçu, mercredi denier, un avis d'expulsion délivré par un patrouilleur britannique. Ils ont été informés qu'en cas de refus de quitter l'île, ils s'exposeraient à une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison ou à une amende de 3 000 livres sterling (environ Rs 188 000).

Toutefois, l'application de ces mesures a été temporairement suspendue jeudi par un juge. Le juge James Lewis, Chief Justice du territoire britannique de l'océan Indien, a accordé une injonction provisoire contre l'exécution des avis d'expulsion. Rendant sa décision depuis un vol à 25 000 pieds d'altitude, il a déclaré : «Il s'ensuit que j'accorde une injonction temporaire contre l'application des notifications au titre de la section 12. Cette injonction restera en vigueur pendant sept jours afin de permettre aux défendeurs de déposer une réponse.»

Dans ce contexte déjà sensible, le soutien de la Maison-Blanche est perçu comme déterminant pour finaliser l'accord de transfert. Or, la position fluctuante du président américain, Donald Trump, semblerait désormais s'être résolument stabilisée contre le projet. Par ailleurs, une partie des Chagossiens eux-mêmes s'oppose fermement à la rétrocession, certains allant jusqu'à déclaré qu'ils «préféreraient mourir» plutôt que d'accepter le transfert à Maurice. Parmi eux figurent le First Minister chagossien, Misley Mandarin, et les trois autres insulaires installés à l'île du Coin.

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