À l'approche de la présentation du Sports Bill au Parlement, le Comité Olympique Mauricien (COM) ne compte pas rester en retrait. Réuni le 19 février à son siège de Trianon avec une vingtaine de Fédérations nationales et plusieurs acteurs du sport mauricien, le mouvement olympique a affiché une position concertée - ferme sur les principes, ouverte sur la modernisation.
Premier constat : le COM n'a toujours pas reçu de copie officielle du projet de loi. Pour son président, Richard Papie, une réforme d'une telle envergure ne peut être introduite sans que le mouvement sportif ait pu en analyser les dispositions et formuler des recommandations structurées. Le message est clair : le sport doit participer activement à l'élaboration du cadre qui le régira.
Au coeur des échanges, un point central s'est imposé: l'autonomie des organisations sportives. Rappelant les orientations reçues du Comité International Olympique (CIO), les dirigeants ont souligné que toute législation nationale doit impérativement s'aligner sur la Charte olympique et les règlements des Fédérations Internationales.
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Un décalage pourrait exposer Maurice à des tensions juridiques, voire à des sanctions. Si le soutien financier de l'État est reconnu et apprécié, il ne doit pas se transformer en ingérence dans la gouvernance interne des fédérations. Pour le mouvement sportif, cette indépendance constitue une ligne rouge. Les fédérations ne s'opposent pas à la réforme. Au contraire, plusieurs intervenants ont reconnu la nécessité d'actualiser un cadre légal qui doit évoluer avec son temps. Mais moderniser ne signifie pas uniformiser.
Moderniser sans fragiliser
Les discussions ont mis en lumière les spécificités propres à chaque discipline : certaines requièrent des infrastructures lourdes et des investissements conséquents, d'autres reposent sur des modèles organisationnels différents. Les critères de reconnaissance des fédérations, le statut des clubs, le fonctionnement d'un éventuel tribunal sportif local ou encore certaines dispositions liées au coaching privé ont été identifiés comme des points nécessitant clarification.
Le Comité Olympique Mauricien et les Fédérations nationales réunis à Trianon pour une consultation sur la future Sports Act.
La question de l'indépendance d'un tribunal sportif mauricien a également été soulevée, plusieurs participants estimant que son fonctionnement devrait garantir une neutralité totale, en cohérence avec les standards internationaux. Les débats ont aussi porté sur la place des athlètes - actifs ou anciens - dans les structures dirigeantes. Beaucoup ont estimé qu'écarter d'anciens sportifs de la gouvernance reviendrait à priver le sport d'une expertise précieuse.
Gouvernance et intégrité
Enfin, la question de l'intégrité a été abordée sans détour : prévention des dérives financières, lutte contre les pratiques illicites, renforcement de la transparence.
La future Sports Act devra non seulement encadrer, mais aussi protéger et crédibiliser l'ensemble du système sportif mauricien. Au terme de la réunion, un consensus s'est dégagé.
Le COM compilera les observations des Fédérations nationales et les soumettra formellement au Ministère de la Jeunesse et des Sports dans les prochains jours. La réforme s'annonce déterminante.
Le mouvement sportif mauricien a, pour sa part, posé ses balises : autonomie préservée, alignement international respecté, gouvernance renforcée et modernisation maîtrisée. Le débat est désormais ouvert - et le sport mauricien entend y jouer pleinement son rôle.