Souvent présents à chaque coin de rue, les laveurs de voiture font partie intégrante du décor dakarois. Profitant parfois des embouteillages, ils proposent leur service pour faire luire les carrosseries des voitures. Ce travail leur permet de gagner assez d'argent pour subvenir à leurs besoins.
Le soleil projette ses rayons implacables sur les carrosseries mouillées des voitures, tandis que des hommes, éponge à la main, s'activent à les faire briller. Au rond-point de la Faculté des sciences et technologies de l'éducation et de la formation (Fastef), anciennement École normale supérieure de Dakar, cette scène est aussi commune que le stationnement désordonné des nombreuses voitures.
Difficile de prêter attention aux laveurs de voitures, tant ils semblent faire partie du décor. Vêtus de débardeurs couverts de taches et de pantalons usés, ils reproduisent inlassablement les mêmes gestes. Leurs mains défilent sur les pare-brise, allant de gauche à droite, avant de replonger dans les seaux d'eau mousseuse posés à leurs pieds. Ils semblent insensibles à la chaleur et aux éclaboussures. Concentrés sur leur tâche, ils s'appliquent à faire luire les carrosseries et à rendre l'intérieur des véhicules impeccable.
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Khadim, bien que nouveau dans le lavage de voitures, semble avoir acquis les mêmes gestes mécaniques que les autres. Cet élève en classe de quatrième a commencé ce travail durant les vacances. À la veille de la rentrée, il poursuit encore son activité. « J'arrêterai le 8 octobre 2025. Pour l'instant, je continue parce que chaque sou compte. » Pour chaque voiture, il gagne 1000 FCfa.
« Mais certains clients préfèrent contracter un abonnement à 10.000 FCfa par mois. C'est plus bénéfique pour eux, donc je les comprends. Par contre, nous, ça ne nous arrange pas, mais on ne peut qu'accepter. » explique l'adolescent. En sueur, il plonge ses mains dans les deux seaux posés à ses pieds. L'un contient une eau sale et mousseuse, l'autre de l'eau claire. Cette dernière lui sert à laver la carrosserie.
Pour nettoyer l'intérieur, il se sert d'une brosse à balai dont le manche est séparé. Les poils, usés et tordus, témoignent de longues heures de travail. « Le travail est parfois difficile, car il fait chaud et le soleil tape fort. Mais j'arrive quand même à avoir assez d'argent », confie-t-il.
Quelques mètres plus loin, se joue une autre scène. Le conducteur d'une voiture coincée dans un bouchon en profite pour faire nettoyer son pare-brise. Babacar, avec des gestes experts et rapides, se dépêche de débarrasser la poussière de la carrosserie. L'embouteillage prend fin et le chauffeur avance de quelques centimètres, malgré les coups de klaxon. Il finit par partir, tendant par la fenêtre un billet à Babacar qui lui court après, bras tendu.
Légèrement essoufflé, il explique faire ce travail depuis treize ans. « Évidemment, si je continue à exercer ce métier, c'est parce que ça rapporte beaucoup ». L'homme, chiffon à la main, rechigne à dire combien il gagne, mais confie avoir un apprenti qu'il paie 70.000 FCfa. « Vous voyez, ce n'est vraiment pas mal. Les gens pensent que nous sommes pauvres, mais ce n'est pas le cas », confie-t-il, fièrement. Malgré tout, Babacar confie que le travail est exigeant.
« Je n'ai pas d'heure de descente. Tant qu'il y a des voitures, je reste. La chaleur est également très forte. Certaines voitures sont vraiment très sales, et quand c'est le cas, on fait payer 2000 au lieu de 1000 FCfa. Sans compter que certains clients partent parfois sans payer ». Il balaie du regard la file de véhicules, prêt à replonger dans l'eau et la mousse. Chaque geste répétitif est ponctué par le claquement des seaux.