Ile Maurice: «Ses blessures ne sont pas compatibles avec une chute», soutient le Dr Gungadin

24 Février 2026

La commission d'enquête présidée par l'ancien juge Paul Lam Shang Leen a démarré ses travaux hier et a franchi un cap dans l'examen des circonstances entourant la mort d'Andy Selmour à la prison de haute sécurité de Melrose, le 9 décembre. Et 13 des 19 témoins assignés ont été entendus, dont des Prison Officers présents le jour des faits, le médecin du SAMU, des enquêteurs et des experts scientifiques.

Le témoignage le plus marquant a été celui du chef du service médicolégal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui a lu et expliqué son rapport d'autopsie, étayé par 66 photographies. Il est catégorique : les blessures du défunt ne sont «pas compatibles avec une chute». Il a décrit une fracture triangulaire de l'os temporal droit, provoquée par plusieurs coups portés avec des objets contondants à surface plate - type morceau de bois ou pierre.

À l'intérieur du crâne, un important hématome extradural droit et une hémorragie pontique ont été observés, avec un volumineux caillot comprimant le cerveau. Certaines lésions, «plus ressenties que visibles», n'étaient pas détectables à la radiographie. Des saignements au niveau du cuir chevelu, de la bouche et des narines ont été relevés. Du liquide hémorragique était présent dans les poumons, compatible avec une possible obstruction des voies aériennes, notamment en cas de vomissements.

Le médecin a aussi noté des blessures défensives : main gauche enflée, doigt médian fracturé, lésions internes au bras droit, autant d'indices suggérant une tentative de protection. Interrogé sur la prise en charge, il a indiqué qu'un scanner cérébral et une surveillance étroite s'imposaient d'urgence et que sans traitement rapide, l'évolution pouvait être fatale entre quelques minutes à quelques heures.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Deux fonctionnaires du Forensic Science Laboratory ont, pour leur part, détaillé l'état d'avancement des analyses : examens biologiques (traces de sang, fluides), analyses de fibres et de résidus sur des objets saisis, exploitation d'empreintes et traitement d'images. Certains tests spécifiques sont toujours en cours ; ils ont sollicité un délai, soit jusqu'au 10 mars, pour déposer leurs rapports complets, précisant que des résultats partiels ont déjà été transmis aux enquêteurs.

Des Prison Officers, dont le Lead Prison Officer en charge de la CCTV Control Room, ont également témoigné. En fin de séance, des images d'agression impliquant quatre détenus ont été visionnées. La commission a demandé qu'une version plus exploitable - avec un cadrage permettant de mieux distinguer les gestes - soit produite.

Les auditions se poursuivent aujourd'hui avec ce visionnage et d'autres témoignages pour situer les responsabilités.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.