Ile Maurice: Comment les habitants s'adaptent

24 Février 2026

D'abord, il y a ce bourdonnement persistant puis, les conversations qui changent de ton. Dans plusieurs quartiers de Beau-Bassin et de Rose-Hill, l'augmentation des cas de chikungunya n'est plus une rumeur : elle s'invite dans le quotidien, devant les portails, dans les boutiques, au détour des ruelles.

À Roches-Brunes, le décor parle de lui-même : un terrain en friche envahi d'herbes hautes, des déchets plastiques coincés entre les broussailles retenant l'eau de pluie et, par endroits, de petites flaques stagnantes. «Après chaque averse, c'est la même chose», souffle Jimmy Michel, en désignant un coin de rue. «Ensuite, on s'étonne qu'il y ait des moustiques.» Et justement, les moustiques sont partout.

À Plaisance, devant une boutique de quartier, les clients ne parlent que de cela. D'un côté, on évoque les symptômes : fièvre soudaine, douleurs articulaires intenses, fatigue persistante. De l'autre, on s'interroge : qui sera le prochain ? «Ceux qui l'ont eu disent que les douleurs sont terribles. On a peur d'être contaminés. On vit avec cette crainte», confie Samantha, mère de famille, le regard traversé par une inquiétude qu'elle ne cherche plus à dissimuler.

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Plus loin, à Stanley, un canal partiellement obstrué par des détritus serpente le long des habitations, ralentissant l'écoulement de l'eau et alimentant le sentiment que les efforts individuels, aussi sincères soient-ils, ne suffisent pas à contenir la menace. Les habitants disent nettoyer leurs cours, vider les récipients, éliminer les eaux stagnantes ; toutefois, ils estiment que sans un entretien régulier des caniveaux et des terrains abandonnés, l'équation demeure incomplète.

«On fait notre part, mais si les espaces publics ne sont pas pris en charge, ça ne suffit pas. On ne veut pas attendre que la situation devienne incontrôlable. Il faut agir pendant qu'il est encore temps», explique Indiren Ramalingum, qui plaide pour des campagnes de fumigation plus fréquentes et mieux coordonnées.

Par conséquent, au-delà des efforts individuels, une revendication commune émerge : celle d'actions publiques plus visibles et soutenues. Gabriel Victoire insiste sur la nécessité de sensibiliser davantage, surtout dans les écoles, et de distribuer des produits anti-moustiques comme lors des précédentes campagnes.

Ainsi, peu à peu, le quotidien des habitants se réorganise autour de la lutte contre les moustiques : spirales allumées dès la tombée de la nuit, répulsifs glissés dans les sacs d'école, moustiquaires soigneusement vérifiées aux fenêtres. Chacun multiplie les gestes de prévention, cherchant à reprendre le contrôle sur une menace qui dépasse le cadre de la maison.

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