Un haut magistrat guinéen et ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, est poursuivi pour détournement de fonds allant jusqu'à 20 milliards de francs guinéens (environ 2 millions d'euros).
À la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief) qui le poursuit depuis 2022, Mohamed Lamine Bangoura a contesté toutes les charges pour lesquelles il est détenu, en niant tout détournement de fonds publics mis à la disposition de la Cour constitutionnelle pendant sa présidence.
Le prévenu possède des biens meubles et immeubles tant en Guinée qu'à l'étranger, signe d'un détournement de deniers publics, selon les avocats des parties civiles qui attendent avec impatience la prochaine audience. « On a cité l'immeuble de Dakar qui peut coûter plus de 400 millions de francs CFA selon son notaire, il y a l'immeuble de Nongo (Conakry) qui a coûté plus de trois milliards de francs guinéens. La cour va examiner pour savoir si les montants encaissés au titre des salaires et indemnités pendant son passage à la Cour constitutionnelle suffisent pour expliquer l'origine licite de l'acquisition de ses biens », explique Me Antoine Pépé Lamah.
Des sommes allant jusqu'à 20 milliards de francs guinéens
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Pour sa défense, Mohamed Lamine Bangoura a indiqué que sous sa présidence, son institution recevait une subvention trimestrielle de 1,2 milliard de francs guinéens, et de 3 à 5 milliards de francs guinéens à chaque élection, ainsi qu'une subvention annuelle de 20 milliards de francs guinéens. De l'argent utilisé en toute transparence, selon lui. C'est donc l'utilisation de ces fonds qu'il lui est demandé de justifier.
« À la Cour constitutionnelle, il a un traitement. Il vous a dévoilé son salaire, il avait des avantages, il avait des primes, pour quelqu'un qui est bien organisé, il peut bien avoir un immeuble à Dakar ou ailleurs », affirme Me Facinet Soumah, avocat de la défense.
Mohamed Lamine Bangoura, en tant que président de la Cour constitutionnelle, a présidé les sessions de validation des élections et des référendums de 2018 à 2021, notamment la très controversée réforme constitutionnelle de 2020, qui a ouvert la voie à un troisième mandat de l'ancien président Alpha Condé.
