Lors d'une récente intervention à l'Assemblée nationale, Abdou Mbow a interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko sur la question sensible de la criminalisation de l'homosexualité au Sénégal, ravivant un débat déjà ancien dans l'espace public.
Selon le député, le pays est « secoué depuis quelques jours » par des scandales liés à des cas de transmission du VIH impliquant des personnes homosexuelles. Une situation qui, d'après lui, remet au centre des préoccupations l'engagement pris par l'actuel chef du gouvernement durant la campagne électorale.
Abdou Mbow a rappelé qu'en date du 3 décembre 2022, Ousmane Sonko avait déclaré que, s'il était élu, la loi criminalisant l'homosexualité figurerait parmi les premières à être votées.
Or, près de dix-huit mois après l'arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité, aucun texte en ce sens n'a été adopté. Le gouvernement a plutôt présenté un projet de loi portant sur un réaménagement du délit existant, sans aller jusqu'à une criminalisation plus explicite, comme promis.
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« Puisque vous êtes le chef de la majorité parlementaire, allez-vous demander à vos députés de déposer une proposition d'amendement pour criminaliser davantage le projet de réaménagement ? », a lancé le parlementaire, estimant que l'absence d'initiative législative traduit un renoncement à l'engagement initial.
L'élu de l'opposition a également mis en doute la sincérité de la promesse électorale, suggérant qu'elle relevait davantage d'un contexte stratégique que d'une réelle volonté politique. « Il n'y a ni élu spécifique, ni réengagement clair, ni amendement proposé », a-t-il insisté.
Cette interpellation publique relance un débat profondément clivant au sein de la société sénégalaise et place le gouvernement face à ses déclarations passées. La question pourrait revenir prochainement sur la table de la Assemblée nationale du Sénégal, où la majorité est désormais attendue sur des actes concrets plutôt que sur des engagements de campagne.