La Commission des Lois de l'Assemblée nationale a voté, à l'unanimité, la mise en accusation de l'ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et de l'Economie numérique, Me Moussa Bocar Thiam, devant la Haute Cour de Justice, dans le cadre du dossier du Fonds Force Covid-19. En revanche, le dossier de son ex-collègue Abdoulaye Diouf Sarr a été jugé incomplet et renvoyé pour complément d'information.
Les choses se compliquent pour l'ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et de l'Economie numérique, Me Moussa Bocar Thiam. Réunis hier, lundi 23 février, à l'Assemblée nationale, pour examiner les projets de résolution portant sur sa mise en accusation ainsi que celle de son ex-collègue Abdoulaye Diouf Sarr, alors en charge de la Santé et de l'Action sociale, devant la Haute Cour de Justice, les membres de la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains ont voté, à l'unanimité, pour sa traduction devant cette juridiction d'exception.
En revanche, s'agissant du cas de son coaccusé et non moins ancien ministre de la Santé et de l'Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, des sources au sein de l'Assemblée nationale indiquent que son dossier, jugé incomplet, a été renvoyé pour complément d'information.
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Pour rappel, la procédure visant ces deux anciens ministres du régime de l'ancien président de la République, Macky Sall, s'inscrit dans le cadre de la reddition des comptes sur la gestion du Fonds de riposte contre les effets du Covid-19, dénommé « Force Covid-19 », doté d'un montant de 1000 milliards de FCFA. Un rapport de la Cour des comptes, publié en décembre 2022, avait relevé plusieurs irrégularités dans la gestion de ces ressources.
Établi à l'étranger, au lendemain de la victoire de l'actuel chef de l'État, Me Moussa Bocar Thiam, par ailleurs maire de la commune de Ourossogui, est cité dans le marché controversé de 2,4 milliards de FCFA relatif aux travaux d'aménagement du Parc des technologies numériques de Diamniadio, rebaptisé depuis «Senegal Connect Park».
Selon les conclusions du rapport de la Cour des comptes, confirmées par l'enquête du Parquet financier, ce marché aurait été validé à l'époque par le ministre. Il aurait été intégralement payé alors que les travaux n'auraient jamais été exécutés.
Auditionnée par les enquêteurs, l'ex-DAGE du ministère de la Communication, Hélène Ndoukité Helndou Diouf, aurait déclaré avoir agi sur instruction expresse de son ministre, affirmant détenir des «preuves à l'appui».
Entendu également dans le cadre de cette procédure, Bassirou Abdoul Bâ, ex-directeur général du Parc des technologies numériques du Sénégal (PTN), a finalement été placé sous mandat de dépôt, de même qu'Ismaïla Thimbo, ancien responsable administratif et financier. Ces incarcérations font suite à une nouvelle évaluation du marché litigieux par l'Ageroute, qui a drastiquement réévalué le montant à 1 milliard de FCFA, au lieu des 2,4 milliards de FCFA versés sous les ordres présumés de l'ex-ministre.
Avec ce vote de la Commission des Lois, le projet de résolution portant mise en accusation de Me Moussa Bocar Thiam devant la Haute Cour de Justice devrait être présenté, dans les tout prochains jours, en séance plénière à l'Assemblée nationale, en vue de son adoption.